FRANCIS , SARA , WHARTON , HENRI
Les deux femmes sont occupées à travailler aux étoffes qu'Harvey leur a vendues; Henri est debout entre ses deux sœurs.
HENRI
De quel bonheur je me serais privé si j'avais cédé aux instances d'Harvey Birch!
SARA
Malgré tout le plaisir que nous avons à vous voir , mon frère, nous ne sommes pas sans inquiétude.
HENRI
Grâce à ce déguisement que vous m'avez contraint de garder , je crois que nous n'avons rien à craindre.
WHAKTOIV.
Dieu le veuille! Mais êtes-vous sûr de cet Harvey Birch? Ne pouvez-vous pas craindre qu'il ne vous trahisse ?
HENP.l.
J'y ai songé avant de me confier à lui. Il paraît fidèle dans ses promesses , et d'ailleurs , son intérêt me répond de lui : il n'oserait reparaître devant le général Clinton , s'il m'avait livré.
SARA
Sir Clinton connaît donc Harvey Birch ?
HENRI , souriant.
Il doit le connaître. Nous le voyons souvent dans notre camp I
FRANCIS. -
Je crois qu'Harvey Birch a de bonnes qualités.
SARA
Il est sans doute dévoué à son souverain.
HENRI
Je le crois , moi , dévoué à son intérêt.
WHARTON
Ce mot seul me fait trembler ! Oui , mes enfants , le sort du major André, l'inexorable sévérité de Washington , m'épouvantent. Fatale guerre ! Ne pouvoir vivre
en repos! ne savoir , au juste, que penser! Mais
que nous veut Williams ? il accourt tout eflàré î