‹ L'espionChapitre 4 sur 95 · ACTE I · texte numérisé non relu

ACTE I

les jours exposée 1... Voilà plus d'un an que nous n'avons eu de ses nouvelles. — Ne pas même savoir s'il est encore à New-Yorck, où nous l'avons laissé I

SjVRA.

Et moi , mon amie , je n'oublie pas non plus notre cousin Dunwodie, le «compagnon de notre enfance, celui qui devait s'unir à toi , celui qui doit devenir aussi mon frère.

WHAKTON.

Il est dans le camp des Américains , celui-là 1 Mon fils et mon neveu se battent dans des ran^js ennemis. — Je ne sais vraiment que dire, que faire , que penser! Je n'ai pas les inclinations guerrières, moi, et on ne me verra pas prendre les armes pour défendre ce que les uns nomment les droits du peuple , ou ce que les autres appellent les droits du souverain ! Je suis prudent, je suis pacifique, et je ne me déclare ouvertement pour aucun parti , de peur de me trouver dans le plus faible. ïl me semble que ma manière de voir est biensagel... Quand l'insurrection a commeiicé , je suis resté à Mew-Yorck, après avoir pris la précaution de placer une somme cousi(iérable dans les fonds d'An[5;letcrre. Par cette adroite conduite, je devais éviter la confiscation de mes propriétés*, je me croyais bien tranquille. Mais voilà que la ville est oc(;upée par les An^^lais, et l'on me persuade qu'un plus long séjour serait un crime aux yeux des républi-

caius , s'ils venaient à rentrer dans New-Yorck I Je ne me fais pas prier ; nous nous retirons dans le comte de West-Chester, qui passe pour un pays neutre,

FRANCIS

Pays neutre I où l'on se bat tous les jours.

■VVHAFxTON.

Oui, belle neutralité! J'avais toujours cru que le territoire neutre était celui qui n'appartient à aucun des deux partis. — Eh bien ! pas du tout. C'est celui qui appartient à tous les deux. — Un jour c'est le général Clinton qui vient nous surprendre avec son infanterie anglaise ! — Le lendemain , voici venir les fameux dragons de Virginie, qui mettent John Bull en déroute, s'emparent de notre habitation., et nous obligent à les suivre au quartier général ! On nous a permis de revenir ici , c'est vrai ; mais y a-t-il moyen de se reconnaître et de savoir ce qu'on est soi-même? Sommes -nous Anglais, sommes-nous Américains? qu'on se décide! Moi, je ne demande pas mieux , je veux bien avoir une opinion. Mais qu'on m'indique au moins la meilleure-, qu'on me la donne, et je la prendrai.

FRANCIS *

Il faut nous résigner , mon bon père -, il faut attendre tout du ciel , qui , tôt ou tard , fera triompher la bonne cause.

* Francis, Wliarton , Sara.

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