‹ L'espionChapitre 5 sur 95 · ARA · texte numérisé non relu

ARA

A sa physionomie pleine de courage , je suis bien sure que c'est un Anglais.

FRANCIS

Et moi , à sa physionomie pleine de courage , à son air de bonté , à ce caractère de franchise et de noblesse qui brille dans ses traits , je parierais que c'est un des braves défenseurs de l'Amérique.

WHARTON

Vous pourriez vous tromper toutes les deux , car il n'est peut-être ni Anglais ni Américain. — Eh bon Dieu I il est peut-être l'un et l'autre.

FRANCIS

Oh I mon père î

WHARTON

Eh I ma chère amie , dans ces jours malheureux de guerres et de discordes civiles , bien des gens portent un masque que le temps seul pourra faire tomber. Tel Américain mourra, accusé par ses concitoyens d'avoir été l'ennemi de leur liberté , tandis qu'il avait été en secret un des agents les plus utiles des chefs

de l'indépendance I Et si l'on faisait une perquisition exacte chez tel patriote qui semble soutenir les droits de son pays avec le zèle le plus ardent , on y trouverait une sauvegarde royale , cachée sous un monceau de guinées anglaises !

FRANCIS

Oui , mon père : ainsi marchent toutes les révolutions. Mais il arrive un moment qui remet chacun à sa place. Alors l'intrigue et la trahison sont dévoilées, et la patrie couvre de sa reconnaissance ceux qui se sont fidèlement dévoués pour elle.

WHARTON

Eh bien I soit ! dévouons-nous , mais pas trop publiquement, je vous en supplie. — Voilà cet étranger. Si je pouvais le faire parler.

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