ACTE III
WILSON
Vous êtes accusé d'avoir , étant officier au service de l'Angleterre , passé les piquets de l'année américaine sous un déguisement , ce qui vous rend suspect de vues hostiles aux intérêts de l'Amérique , et vous soumet aux peines prononcées contre les espions. — Qu'avez-vous à répondre pouç votre défense ?
Il est vrai que j'ai passé vos piquets, déguisé, mais....
WILSON
Capitaine, les lois de la guerre sont déjà assez sévères : vous ne devez pas nous olîrir vous-même les moyens de vous condamner. — Vous pouvez rétracter votre aveu : car, si l'on en prenait acte , Taccusalion serait pleinement prouvée.
HENRI
Je ne rétracterai pas ce qui est vrai,
\VI LSON .
Vos sentiments sont nobles, monsieur, et je regrette qu'un jeune militaire se soit laissé égarer au point de servir d'instrument à la trahison.
HENRI
A la trahison ! Je ne me suis déguisé que pour ne pas courir le risque d'être fait prisonnier.
WILSON
Mais quels étaient vos motifs pour passer nos pi-
quels (lé[jLiisë ? Vous êtes libre de les expliquer, s'ils
peuvent tendre à votre justification.
HENKI.
Je suis fils du vieillard qui est devant vos yeux, et c'est pour aller le voir que je me suis imprudemment exposé à ce danger -, d'ailleurs , le territoire sur lequel il habite est rarem^t (occupé par vos troupes , et sou nom seul indique que les dAx partis ont le droit d'y séjourner.
WILSON
Le nom de territoire neutre n'est reconnu par aucune loi. Partout où se trouve une armée elle porte ses droits avec elle . et le premier est de veiller à sa sûreté.
HENHl .
Je ne le conteste pas , monsieur; mais je sais que mon père a droit à mon affection , et pour lui en donner des preuves , il n'est point de danger auquel je ne fusse prêt à m'exposer.
WILSON , aux membres du conseil.
Messieurs , qui pourrait blâmer un fils d'avoir désiré voir son père? — (^A ^e/iW.)Pouvez-vous prouver que telle était votre intention ?
HENRI
Mon père le sait comme moi.
AVILSON.
Je pense qu'il faudrait interroger les témoins. Avan-