SCENE XIV
PAUL—MARCELLE
MARCELLE
Tu ne m'oublieras pas, Paul, quand tu auras mis nous les flots de l’Atlantique ?
PAUL
Comment pourrais-je oublier une femme qui sait m’ rer des sentiments aussi beaux?
MARCELLE
Le temps est un médecin qui guérit les blessures les cruelles, même celles du coeur.
PAUL Le temps ne fera chez moi qu’augmenter l'ardent dés la réunion définitive. Je pleurs sur notre séparation, mais j
réjouis déjà sur mon retour.
MARCELLE
La pensée de ton amie pourrait-elle t'aider à endurer misères de la vie des tranchées ?
PAUL
Ce sera ma force et mon courage!
ttes tete
—$ÿl—
à. rien lit iaiitét
MARCELLE
brave après 1 Prends ce médaillon; garde le bien sur ta poitrine en souvenir de moi.
PAUL (Il ouvre le médaillon)
, r sait!
quelques ins- lon portrait!
l'faut qu'ilne : MARCELLE
Oui, Paul, je veux te suivre partout et toujours; je veux étre présente devant toi à chaque instant .Puisse ce talisman te préserver de tout danger.
PAUL
Ce médaillon ne me quittera jamais. Toujours il me rappellera cet instant suprême où j'ai réellement connu mon amie. Dans les camps, sur les champs de bataille, dans les tranchées, a l'attaque, au repos, il sera pour moi la consolation, l’encoura-
s mis entre gement, le bonheur.
MARCELLE ’aul, j'ai une idée folle; je suis infirmière; pourquoi n’i-
rais-je pas te rejoindre là-bas; si je m’enrôlais avec les ambulancières ?
sait m'inspi-
PAUL
ures les plus : ER Sn Lu 5 P Chut, voici mère; ne parle pas de cela; reste auprès d'elle;
elle aura besoin de consolations.
jent désir de ; SCENE XV (Les mémes—le père, la mère)
1, mais je me LA MERE (Apportant un léger bagage)
Prends bien soin de toi là-bas: tu n'auras personne dans les tranchées pour te procurer les petites choses qui donnent Je confort. Fais bien attention au refroidissement; je crains presque autant un mauvais rhume qu’une balle ennemie.
endurer les
PAUL
Soyez sans inquiétude, mère,
FREE RR, Le | ML nn oui nat cv
MARCELLE Alors, tu nous quittes ainsi, immédiatement ?
PAUL
Oui, mon amie, le temps de vous er “asser et de rej mon régiment qui part demain pour V. rtier. Comme ot il me faut donner l'exemple. La semaine prochaine, nou: embarquons pour l'Angleterre.
MARCELLE
Pense bien, n'est-ce pas, pense bien toujours à ta pe mie. Reporte chaque soir ton regard vers le ciel canadien rencontreras mon âme s'élevant vers Dieu pour lui den de te protéger, de veiller sur toi.
PAUL
Si je meurs, ce sera en pensant à vous tous, que je vo étreindre dans une même accolade, confondre dans un baiser comme vous vous confondez dans mon amour. Si une
| meurtrière me frappe et me couche à jamais sur le sol de ce, là-bas, sous le ciel gaulois, je rend? non ame au Cré en songeant que tous nous aurons fait notre devoir: et pensée, je l’imprimerai en terre française de la dernière te de mon sang.
(Marcelle se laisse tomber sur la causeuse et sangl (La mère, qui jusque là à supporté avec courage le cou la frappe, «a nn moment de faiblesse, rt se laisse cheoïr e glotant dans un fauteuil, Paul court vers elle et se jette pieds)
Mère, mère!
Ah, mon fils pardonne à mon coeur ce moment de fail
Que veux-tu je n'ai plus la jeunesse d’antan pour m'aid
surmonter ma douleur. Mais ne t’occupe pas de moi, mon
fice est fait. Et, si jamais, comme aux mères françaises, le
- sager du malheur vient nous apprendre la nouvelle de to part pour la patrie ou l’on n’a plus besoin de combattre, t re, peut-être ne tardera pas à aller te rejoindre là-haut. M:
ne ne ns
t de rejoindre omme officier, ne, nous nous
à ta petite aanadien; tu y lui demander
ue je voudrais ans un même r. Si une balle e sol de Fran- : au Créateur oir; et cette dernière gout-
t sanglote.— e le coup qui cheoir en sanse jette à ses
t de faiblesse. ir m'aider à oi, mon sacri- ‘aises, le mesle de ton déattre, ta mèhaut. Mais en
liées de
ent is Va As
Sicolhècad sb is vices asset
attendant, elle portera haut et fier le crêpe de son deuil, Il lui rappellera, à elle, et il dira au monde qu'elle a droit d'être orgueilleuse de son fils, parce que ce fut un héros, un martyr du devoir envers la patrie,
PAUL
Vos larmes et vos prières toucheront certainement le coeur de la Providence, et nul doute, mère, que je vous reviendrai bientôt.
LE PERE Dieu le veuille, mon fils!
PAUL
Chère Marcelle, comme gage palpuble de notre amour, permets-moi de passer à ton doigt l’anneau des fiançailles. Je veux désormais être pour toi plus que ton grand frère, plus que ton ami.
Je suis à toi pour tout le temps que la Providence me laissera passer sur cette terre.
MARCELLE
Paul. Paul, mon bien-aimé!
(Elle laisse tomber sa tête sur l'épaule de Paui, et celui-ci lui donne le baiser des fiançailles.)
(On entend au dehors le son des tambours et des clairons qui se rapprochent)
PAUL (Se levant)
Ecoutez ce clairon! C'est la voix de la patrie qui appelle ses fils. Je m'arrache £.vec peine à votre chaude étreinte. Au revoir! Adieu!