‹ L'espionne boche [microforme]Chapitre 12 sur 43 · LES MEMES — LE PERE — LA MERE · texte numérisé non relu

LES MEMES — LE PERE — LA MERE

| ; LA MERE | {Entrant) Est-ce vrai ,Paul, tu vas nous quitter? PAUL

? Oui, mère, je veux suivre la route que mon père a t

| quand il était jeune. Je sais qu'il ‘rait, lui, au secours de la gique mourante, s’il avait encore ses bras et ses jambes de te ans. Je veux le remplacer la-bas, et continuer la noble dition de la famille.

LE PERE

Paul, tu parles comme un vrai zouave; ta décision me se une profonde douleur, car je sais trop, par ma propre rience, les dangers auxquels tu vas t'exposer. Mais je ne m'empêcher de te féliciter, mon garçon; tu as toujour: un homme d’honneur, et tu as compris que l'honneur t’ap] sur les champs de bataille d'Europe.

LA MERE Tu oublies, Paul, que c’est aujourd’hui la fête de M:

le; je t’assure qu’elle s'attendait à autre chose que cela, la re enfant.

PAUL

Je le sais, mèrc, mais quand la voix de la patrie se fai tendre, celle de l’amour doit un peu baisser le ton.

D'ailleurs, Marcelle, est-ce que ce n’est pas un beau ce de fête que de te présenter un futur héros?

me réconforesoin après décision.

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PS

MARCELLE

Oui, mon ami, va venger le sang de ces milliers de femmes et d'enfants tombés martyrs de la cruauté allemande.

LA MERE

Mon fils, malgré ma douleur, je ne puis m'empêcher de penser à ces milliers de mères françaises et anglaises qui, sans un murmure, offrent à la patrie le fils qu’elles aiment tant, image sublime du sacrifice de la Vierge Marie qui offrit son fils pour le salut de la grande famille humaine. Je veux que l’on puisse dire des femmes canadiennes qu’elles sont d:znes de leurs cousines de France.

Tiens écoute comment Botrel nous montrent celles-ci accomplissant leur sacrifice; c'est comme cela que je veux faire le mien.

(Elle prend une petite brohure et lit) “Après tant de jours cruels, de nuits mauvaises,

PAUL (reprenant par coeur)

“Quand même vous n’auriez qu’en enfant pour soutien, “Chancelante, le coeur broyé, le front sévère,

“Et lui montrant la France en pleurs sur son calvaire, “Vous lui criez:

LA MERE (se jetant duns les bras de Faui)

Va, monte, Ô mon fils, et meurs bien.”

PAUL

Ma mère, vous êtes sublime, et je ne pourrai faire autrement que d’être brave avec un père qui a risqué sa vie pour le Pape et le Roi, et une mère qui sait accomplir son sacrifice comme vous le faites. Marcelle et vous, vous p.rlez comme de vraies femmes fortes.

MARCELLE

La femme canadienne sait eile aussi ce qu'est la patrie; elle sent cet amour tout au fond de son coeur comme vous; et si nous ne pouvons nous-mêmes faire le coup de feu, il ne sera pas dit que, par un aveugle et égoiste amour, une Canadienne aura empêché un vrai patriote de faire son devoir.

PAUL

Comment un homme pourrait-il ne pas être brave des paroles comme celle-la ?

LA MERE

Viens, papa, laissons les enfants ensemble quelque tants; allons préparer le sac de voyage de Paul. Il faut q manque de rien, ce cher enfant. (/ls sortent)

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