‹ L'espionne boche [microforme]Chapitre 17 sur 43 · SCENE III · texte numérisé non relu

SCENE III

Les mêmes Laura-Daniel.

(Paul et Daniel se donnent lu main)

PAUL

Et bonjour, lieutenant, comment va-t-on?

d DANIEL

ÿ Bonjour, capitaine; j'ai le plaisir de vous amener une per- { sonne qui, je le crois, ne vous est pas inconnue.

PAUL

À Mile Schneider!

LAURA (Elle tend la main à Paul)

Moi-même, mon ami.

PAUL

Mais comment se fait-il?

TRAME Lada QE | Patiode à vi ès

bd

Ai

LAURA

La chose n’a pourtant pas de quoi vous étonner. Vous co noissez suffisemment mes sentiments à votre égard pour savt que je n'étais pas pour me résigner aussi candidement que cels vous perdre éternellement. Je ne suis pas canadienne, moi; et fameuses convenances de votre pays, qui empêchent une jeune f d'aimer avant d'être aimée, je m'en moque un peu. Je vous air Paul vous le sore’: vous quittez le Canada, rien de plus natui pour moi que de ; ous suivre, de vous relancer jusque dans c

mire ou cie de le guerre. Capitaine, je suis fermement décid à gagner votre amour ou à mourir avec vous sur les champs bataille.

PAUL

Nous ne serons sans doute pas du méme côté; votre origi allemande n’est pas, que je sache, de nature à vous inciter vous joindre à nous.

LAURA

Une femme qui aime est prête à tous les sacrifices pour a teindre son but. Et pourquoi ne serais-je point avec vous? “L’ mour, rappelez-vous le, est enfant de Bohême, et n’a jampis co nu de loi.” Qu'importe mon origine !

PAUL

Mais vous savez bien que je ne puis aimer une Allemand une ennemie de ma patrie.

LAURA (Se levunt)

Allemande, oui, je le suis c'est vrai; mais est-ce ma faut à moi? Je vous aime, Paul, je t'aime; et l'amour ne connait pas frontière, pas de race, par de religion.

Allemande, oui le sort a voulu pour mon malheur que. sois née sur les rives du Rhin; mais pensez-vous que je n’aura pas aimé mieux voir mon berceau se balancer sur les bords d Saint Laurent?

Ah! je maudis cette race à laquelle j’appartiens; je maud ie sang qui coule dans mes veines; je maudis le jour qui m'a v naitre. Dieu Tout-Puissant, pourquoi m'avoir donné « souffle de vie puisqu'il devait faire mon malheur. (Elle se laiss cneoër sur le fauteuil en sanglotant).

PAUL Vous ra ; Alions, le dépit vous égare; je ne vous en veux pas cepen: patate ? dant. Mais vous savez bien que j'ai laissé là-bas, au pays, une que cela à À autre femme à qui j'ai donné mon amour et ma foi. moi; et les :

e jeune fille : LAURA (Se lerant)

vous aime,

i Je ne le sais que trop; et c'est ce qui jette en mon coeur cetus naturel

te haine qui m'anime aujourd’hui.

PE MIENRRRTE

dans cet nt décidée i PAUL champs de Que dites-vous ”?

LAURA re origine Oui, je hais cette Marcelle que vous m'avez jusqu'ici préinciter à férée, Mais maintenant qu'elle est loin, vous allez sans doute mieux apprécier l'amour que je vous offre. Est-ce qu’elle prétend vous aimer sincèrement, #lle qui ne fait pas un pas pour vous suivre dès qu’il y a danger? Au lieu que moi je traverse les s pour at- mers à votre suite. J'irai jusque dans les tranchées, s’il le faut. pus? ‘“L’aimpis con- i PAUL Votre attachement me touche sincèrement, et j'apprécie beaucoup la profondeur de l'amour qui vous pousse à en agir \llemande, ainsi; mais je ne puis oublier ces deux grands yeux qui m'ont jeté leur :mour au départ de chez nous. Mon coeur est là, et ma foi aussi, Je vous aire comme une bonne amie, Laura; je vous + vstime et vous respecte, mais mon coeur ne se peut partager. D ag | LAURA ait pas de 3 : Alors vous me repoussez; vous méprisez cet amour que je ur que je ; vous offre; vous ne comptez pour rien les démarches que je fais Eautais 2 auprés de vous. Capitaine, “si tu ne m'aimes pas, je t'aime, borde du 4 «1 si je t'aime, prends garde à toi.” Î

je maudis PAUL

ui m'a vu donné ce > se laisse

Non, non, Laura, vous êtes un peu vive. Je ne vous fais auun reproche, Je suis prêt à vous servir d’escorte comme autrelois, à êtes otre compagnon et votre guide pendant votre séjour Ii; Mais veuiliez ne compter rien de plus.

Mint huit ibérnees

Maintenant permettez que je vous quitte pour un instan j'ai à me rendre chez le général. Je vous laisse gardiens de m foyer pendant cette absence. Vous êtes chez vous, Laura. ({{i rite Laura à s'asseoir, Il sonne. Louis apparait)

(A Louis) Quint à toi, Louis, veille bien sur mes plar (Il sort)

(Pendant toute cette scène, Daniel s'est tenu à l'écart éco tant attentivement et hypocritement tout ce qui se dit)

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