‹ L'espionne boche [microforme]Chapitre 16 sur 43 · SCENE II · texte numérisé non relu

SCENE II

PAUL-—LOUIS

PAUL

Ecoute bien ceci, Louis; je mets dans ce tiroir des docu- ” nts de la plus haute importance. Aie l'oeil bien ouvert pour ü'ils ne quittent point cet endroit.

LOUIS (Brossant une botte)

Capitaine, sur la tête de Julie, ils ne sortiront pas de jià tant que ma brosse aura du poil.

PAUL Cette brave Julie, elle t'a écrit?

LOUIS

Tenez, je viens de recevoir une lettre d’elle encore ce matin. (‘est la demoiselle Marcelle qui s'ennuie, parait-il, là-bas, toute seule, sans vous. Julie m'écrit qu’elle va venir vous rejoindre comme ambulancière. Vous êtes bien chanceux, vous: Je voudrais bien que Julie en fasse autant.

Et tu crois que Mlle Marcelle s'ennuie plus que Julie? LOUIS

Bien, voyez-vous, c’est pas la même sorte de chagrin. | Julie est tellement drôle qu’on ne sait pas quand elle rit ou qu’e pleurt.

PAUL

T'aime-t-elle au moins?

LOUIS Je crois qu’elle ne m’hait pas trop.

PAUL Et toi?

LOUIS

Quant à moi, bien je suis venu me faire fendre la peau p les Allemands pour faire plaisir à ses beaux yeux, vous pouv juger par vous-même.

PAUL Brave garçon, va; et les Allemands, en as-tu encore peu LOUIS

Bien sûr que non. Dans les rommencements, quand je per sais à la guerre, j'en avais la tremblotte. Maintenant cela ne n fait plus rien. Je me dis comme ça: si je suis frappé à mo: sur le coup, je n’ai pas le temps de souffrir; si je ne suis que ble sé, j'ai la chance de guérir et de revenir. Si je ne suis, ni tué, 1 blessé, dame, ça ne me fera pas mal. Lans les trois cas, je n’: donc rien à craindre.

PAUL

Tu es d’une logique impeccable.

Julie?

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LOUIS (Allant vers la porte du fond)

Tiens voilà le lieutenant Daniel! Et avec une dame par-dessus le marché. Il parait qu’il ne se prive de rien, ce lieuvenant là. Mais regardez aonc, mon capitaine, je crois que c'est Mam’zelle Schneidér, vous savez bien votre Allemande, qui aurait tant aimé ‘ vous avoir pour cavalier quand on était au Canada, avant la guerre.

(Paul va voir à la porte)

PAUL

hi v E a

Allons, tais-toi, bavard. Tu vois bien que tu dis des balivernes.

(A part) Elle ici! Que diable peut bien l’amener, que me veut-elle ?

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