SCENE XV Les mêmes— LOUIS LOUIS
(/l arrive tout essoufflé) Mor. général, pardon d'arriver de cette façon.
Bon te voilà, toi, d’où viens-tu?
LOUIS
Si je comprends bien, vous voilà à faire un mauvais parti à mon capitaine; est-ce pour les plans?
DUNBAR
Ah, je crois que nous avions raison. Ce maraud là s’avoue vupable en arrivant.
sert.
ak
LOUIS
Pardon, mon général, je ne suis pas coupable, et mon capi taine non plus.
DUNBAR Allons, vite, explique-toi. (A Paul) Approchez, capitaine. DANIEL (A pert) Je voudrais bien être loin d'ici, moi. LOUIS
Mon général, les plans ne sont plus dans ce tiroir, mais ils n'ont pas quitté cette place.
DANIEL (A part) Hein, que dit-il?
PAUL Vite, vite, où sont-ils?
(IL va les chercher dans sa malle et revient triomphant) Les voici!
è DUNBAR Mais que veut dire ceci?
LOUIS
I y a, mon général, que les plans n’ont pas été volés; mais cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas de voleurs.
J'ai entendu deux personnes ici même faire le complot d’enlever les documents en question. Pour leur jouer un bon tour, j'ai changé ceux-ci d’endroit sans prévenir mon capitaine. Celuici m'a ensuite envoyé à la ville faire un message. Pendant ce temps on a volé de faux plans que j'avais mis à la place de ceuxlà. J’ai pensé à la chose tout à coup, et je me suis hâté de revenir afin qu’il n'arrive rien de mal à mon capitaine.
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PAUL
Brave Louis, je te devrai la vie, et encore plus que cela, l'honneur.
DUNBAR Mais qui donc étaient ces voleurs?
DANIEL
Général, sans doute ils sont loin maintenant; et le garçon, dans son excitation, n’a pas dû les reconnaître.
LOUIS
Îl ne sont peut-être pas si loin que ça, mon lieutenant.
DANIEL
Je crois, mon général, que nous pourrions maintenant vous quitter et vaquer à nos affaires ordinaires. Puisqu’il n’y a pas eu de vol, pas n'est besoin de rechercher les voleurs qui n'existent peut-être que dans l'esprit de ce garçon là.
LOUIS
Allons, il me prend pour un maniaque maintenant!
DUNBAR
Restez, lieutenant; je tiens à aller au fond de cette affaire, qui me semble un peu mystérieuse.
PAUL
Mais qui donc étaient ces voleurs, LOUIS?
LOUIS
C'était tout d’abord une femme, que vous ne connaissez sans doute pas, mon général, et qu’il me ferait autant plaisir de ne pas nommer.
DANIEL
Parle, je te l’ordonne.
mat,
LOUIS ( Il egarde le capitaine Paul d'un air interrogatenr) PAUL
Parle, parle, n'aie pas peur de la nommer.
LOUIS Elle s'appelle. ... elle s'appelle. ... Mam'zelle Laura Schneider!
PAUL
Elle! Je m'en doutais!
Et l’autre”?
(Daniel se rapproche graduellement de la porte. )
LOUIS
L'autre? ({L fait du regard le tour des officiers, et pointant Daniel du doigt) C'est lui!
DANIEL Allons, il est fou!
LOUIS Je ne suis pas foui Faites-lui répéter, mon général ce qu’il a dit ici même qu'il est un Allemand déguisé, qu’il cherche à s’il-. lustrer en livrant à l'Allemagne des renseignements pouvant servir contre l’armée anglaise.
J'écoutais là, caché, et j'ai tout entendu. On peut n'avoir pas l'air de l'inventeur de la poudre à canon, mais on est tout de
même capable de distinguer un honnète homme d'un traître, et c'est ce que j'ai fait.
PAUL
(A part) Ah, je comprends pourquoi il tenait tart à me faire condamner!
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DANIEL
Mais, est-ce que l'on va s'amuser à un type comme celui-l'a ini nisse son temps à faire des tours, «ui a ccuru le r'sque de faire pendre son rapitaine pour le simple plaisir de fare Île drôle ? .
DUNBAR
Allons, Louis, la chose est grave; il nous faut des preuves pour condamner un homme; nous ne voulons pas, une deuxième fois nous exposer à commettre une erreur judiciaire.
DANIEL
Vous voyez bien que c'est un farceur qui mériterait d'étre mis au cachot! Se moquer ainsi des officiers de toute une armée!
LOUIS Ah! il veut me faire passer pour un fou? Et bien, je vais montrer ce qu’il est réellement.
DANIEL (Défiant)
Aû, Ah! fais donc pour sur.
LOUIS
Riez, riez; vous croyez triompher. Tenez général. Ce papier est tombé des mains du lieutenant Daniel ici-même.
DANIEL (A part) Je suis perdu!
DUNBAR (IL tit l'ordre secret) Arrêtez immédiatement le lieutenant Daniel!
DANIEL
(IT sort son pistolet et fait feu sur ceux qui vont pour l'arré- ‘er, Deux tombent blessés; d'autres soldats se précipitent à sa “ite au dehors. Daniel sort en criant).
Venez me prendre!
{On entend encore dans la coulisse une coup" de coups de pistolet).
D pt
rire
PT RTE TETE SNS
Qu'on le poursuivre et qu’on l’amène, mort ou vif!
C'est un espion, un parjure, un assassin, un lâche!
Quant à vous, capitaine, je vous réinstalle avec bonheur dans votre grade; je vous fais amende honorable, et me charge de publier moi-même votre innocence. Je suis heureux de reconnaître que vous êtes un brave et un honnête homme. Sur vous nous pourrons compter, à l’avenir, dans les moments difficiles.
Quant à toi, Louis, sois assuré que je tiens compte de ta noble conduite de ce jour. En attendant une autre récompense, je te fais caporal.
LOUIS
Ah, c'est Julie qui serait contente si elle me voyait. Capitaine, je vous avoue que j'aime mieux que les choses aient tourné de cette façon. Savez-vous que:a doit pas être drôle d’être fusillé, surtout quand on est innocent.Moi, si la chose m'arrivait, je crois que j'en mourrais de honte et de peur.
DUNBAR
Mes amis, soldats, au brave capitaine de Chantilly et au ca: poral Louis, je suis heureux de vous demander de présenter Îles armes. ÉD