SCENE 1ère
PAUL-LOUIS
PAUL
Qui aurait cru que nous viendrions ainsi nous échouer dans uue prison allemande? Moi, qui aurais tant aimé, soit mourir sur la brèche, scit retourner chez moi couvert de gloire après une action éclatante! Tandis que maintenant me voilà pris comme un vulgaire lapin dans un piège!
Ah, ces barbares! Incapables de faire face à nos baionnettes et à nos canons, ils emploient maintenant des gaz asphyxiants!
Oui, mes poumons brülent seu: les effets de ce poison, qui m'a jeté insconscient sur le champ de bataille et m'a fait tomber entre les mains de ces affreux boches.
Mes yeux endoloris supportent encore difficilement la lumière du ,our.
ur", ne
ET RME sara 25 de
A EEE Pen
ur:
Je vous assure, mon capitaine, que je ne ris pas, moi non plus. Si Julie me voyait, avec mes yeux “bouffis”, elle ne me trouverait certainement pas beau.
PAUL
Que vont-ils maintenant faire de nous? Sans doute dans quelque forteresse on va nous envoyer avec d’autres prisonniers, si on ne nous cloue pas sur des portes de grange.
LOUIS
Savez-vous, mon capitaine, que ça ne doit pas être amu sant ça?
PAUL
As-tu eu connaissance s'il y d'autre prisonniers dans les environs?
LOUIS Oui, jai entendu parler français tout près d'ici. PAUL
Je me demande ce que Marcelle est devenue. Si au moins il ue lui est pas arrivé malheur au cours de la bataille. Dans sa lettre de l’autre jour, elle m'annonçait son arrivée sur la ligne de feu avec le corps des ambulanciers. Le combat a été des plus rudes; et nous savons que les Allemands ne se gênent pas de tirer sur les ambulances, de massacrer les médecins et leurs aides ou de les emmener en captiité pour les empêcher de soigner les blessés. J'espère que la Providence va éviter à cette malheureuse enfant les terribles épreuves du contact avec ces affreux Boches.
Ah! traîtres d'Allemands, si jamais il m'en tumbe un sous la main, il va passer un mauvais quart d'heure celui-là.
PAUL Tu ferais mieux de garder tes réflexions pour toi-même; cela pourrait te causer des moments désagréables. LOUIS
Je me fiche passablement d’eux. Tenez, mon capitaine, nous allons voir si nous pouvons les sortir de leur tanière ces loups là. Il parait qu’il y a une chançon qui leur tombe sur les nerfs. Ecoutez moi ça
(Il chante et va fredonner quelques mots à la fenêtre pour narguer la sentinelle allemande)
“Allons, enfants de la patrie” etc.
Tenez, quand je vous disais que ma chançon aura it de l'effet. En voilà un; et si j'en juge par ses galonnades, ça ne doit pas être un petit poisson dans cette armée de requins.