‹ L'espionne russe; épisode de 1812Chapitre 18 sur 50 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

PATI'RNICK, BISCHOFF.

( II* entrent par la droite ; Bischoff pousse la porte en faisant signe à Paternick de garder le silence.)

PATERNICK, étonné.

Pourquoi donc ces précai>iions1

BISCHOFF

Chut! monsieur Paternick! (baissant la voix.) Nous sommes perdus!

PATERNICK.

Perdus !

BISCHOFF

Que saint Nicolas nous protège! Mais je crois que vous avez fait une bêtise!

PATERNICK.

C'est pour me dire cela que vous me faites quitter le souper 7

BISCHOFF

Apprenez que les Français ne sont pas si abandonnés que nous le croyions.

Qu'est-ce que vous dite.s?

BISCHOFF

Le corps d'armée dont ils parlaient va arriver.

PATERNICK.

Le gros corps!

BISCHOFF

.l'en ai les preuves: ils viennent de commander vingt mille râlions de pain, de foin et d'avoine... Knsuite, vous savez, ce tapage qu'il y a eu dans la rue?

PATERNICK.

Ahl oui; Kernisclioff, le charron, à qui j'î'vais échauffé la lète.

BISCHOFF

Et qui se permettait des propos contre eux... Le vieux est .sorti, l'a pris par l'oreille...

PATERNICK.

Un Russe ! par l'oreille I Ah ! ça fera crier. Lstce qu'ils s'imaginent nous mener par le bout du nez?

BISCHOFF

En disant :« Conduisez-moi ce drôle en prison; à la pointe du jour il passera au conseil de monsieur le maréchal. »

Du maréchal! Un maréchid -ferrant?

BISCHOFF

Ehl non! le maréchal de Fiance qu'ils attendent.

PATERNICK.

Diable 1

AIR du vaudeville de Turninc Pour avoir une telle audace.

Il faut qu'ils soient sûrs de leur(()up.

BISCHOFF

Ils vont nous condamner en masse A la schlague ou peut-éir<î au knout.

PATERNICK.

Laissez donc !

Ils sont barbares à rextrême ; /S n'en connaiss'nt ni l'usag', ni le nom.

BISCHOFF

Ils appell'nt ça des coups d'bàlon ; Mais ça r'vient lout-à-fait au même.

PATERNICK, froidement.

Oh I non , ça ne vaut pas le knout Du reste, c'est votre faute, mes enfants.

BISCHOFF

Notre faute !

ACTI-: II, SCKNK I

it

PATKRNICK.

Je VOUS disais (l'ulier doucement. Je les connais, ces guerriers indomptables, ces phalanges victorieuses! Aussi je m'en lave les mains. Je ne me suis mêlé de rien, et je m'en vais.

(II fait un pas pour sorlir.'

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