SCÈNE I
PATI'RNICK, BISCHOFF.
( II* entrent par la droite ; Bischoff pousse la porte en faisant signe à Paternick de garder le silence.)
PATERNICK, étonné.
Pourquoi donc ces précai>iions1
BISCHOFF
Chut! monsieur Paternick! (baissant la voix.) Nous sommes perdus!
PATERNICK.
Perdus !
BISCHOFF
Que saint Nicolas nous protège! Mais je crois que vous avez fait une bêtise!
PATERNICK.
C'est pour me dire cela que vous me faites quitter le souper 7
BISCHOFF
Apprenez que les Français ne sont pas si abandonnés que nous le croyions.
Qu'est-ce que vous dite.s?
BISCHOFF
Le corps d'armée dont ils parlaient va arriver.
PATERNICK.
Le gros corps!
BISCHOFF
.l'en ai les preuves: ils viennent de commander vingt mille râlions de pain, de foin et d'avoine... Knsuite, vous savez, ce tapage qu'il y a eu dans la rue?
PATERNICK.
Ahl oui; Kernisclioff, le charron, à qui j'î'vais échauffé la lète.
BISCHOFF
Et qui se permettait des propos contre eux... Le vieux est .sorti, l'a pris par l'oreille...
PATERNICK.
Un Russe ! par l'oreille I Ah ! ça fera crier. Lstce qu'ils s'imaginent nous mener par le bout du nez?
BISCHOFF
En disant :« Conduisez-moi ce drôle en prison; à la pointe du jour il passera au conseil de monsieur le maréchal. »
Du maréchal! Un maréchid -ferrant?
BISCHOFF
Ehl non! le maréchal de Fiance qu'ils attendent.
PATERNICK.
Diable 1
AIR du vaudeville de Turninc Pour avoir une telle audace.
Il faut qu'ils soient sûrs de leur(()up.
BISCHOFF
Ils vont nous condamner en masse A la schlague ou peut-éir<î au knout.
PATERNICK.
Laissez donc !
Ils sont barbares à rextrême ; /S n'en connaiss'nt ni l'usag', ni le nom.
BISCHOFF
Ils appell'nt ça des coups d'bàlon ; Mais ça r'vient lout-à-fait au même.
PATERNICK, froidement.
Oh I non , ça ne vaut pas le knout Du reste, c'est votre faute, mes enfants.
BISCHOFF
Notre faute !
ACTI-: II, SCKNK I
it
PATKRNICK.
Je VOUS disais (l'ulier doucement. Je les connais, ces guerriers indomptables, ces phalanges victorieuses! Aussi je m'en lave les mains. Je ne me suis mêlé de rien, et je m'en vais.
(II fait un pas pour sorlir.'