DEUXIÈME COUPLET
LOUISE
« Bon courage, mes camarades, Disait un autre. — Oui, mes amis , I.e ciel de notre beau pays lieveri a nos vieilles grenades.
Nous reverion.s la France enDn... »
Et puis Ils s'embrassaient soudain, El pleuraient en s' tendant la main.
« Au premier bruit, vite à nos armes!
N'out)lions pas
Qu'on suit nos pas!... u
(d'une voix attendrie.) Et moi, j'seulais couler mes larmes En voyant pleurer d'vieu.x soldats.
ENSEMBLE
El moi, j'seniais couler mes larmes, etc.
BISCHOFF et PATERNICK. Pour eux la fuite aurait des charmes; Mais nous i-urvcillons tous leurs pas.
PATERNICK.
Pleurer! fi donc!... Mais vous me faites plaisir de me donner ces détails .. non pas pour moi, mais pour ce pauvre Bischoff...
BISCHOFF
Ah ! bien, je vous conseille...
PATERNICK.
Oui songeait déjà à battre en retraite.
BISCHOFF
Oui, c'est moi qui allais prendre l'air à la campagne, n'est-ce pas?
PATEHNK K
C'était pour voir ce que vous diriez, girouette! la preuve quejen'ai jamais douté de l'opération, c'est que j'ai préparé d'avance le bulletin. ^11 tire un papier de sa poche.) LOUISE.
l'n bulIcLin? .. Pourquoi f^iire?
PATERNICK.
Pour consiater noire victoire! Sans cela et lea Te Deum. on ne saurait jamais à quoi s'en tenir ! Et puis pour les récompenses!
BISCHOFF
Ah ' oui, voyons un peu. i,ll lit.) • Mon général, ayant été informés. . »
L'ESPIONM-: RUSSE,
PATEK.NKK, regarJaiil.
J'ai tnts • ayant ilé iiifoiinés?... » Ça ue vaut rien... on a l'air d'avoir uié prévenus. . • Ayant eu coiiiiaissancp. . »
MSlHOIF.
CVsl mieux, (lisant.) « Qu'uue colonne, forte de cent cinquante hommes!... »
l.ot'ISE.
Il n'y en a que .soixante-trois.
BI.SCHOFF.
Ma foi! des Françai.s, ça peut compter double. PATKRNICK.
C'e.st évident !
BlScllOKF, lisant.
« Voulait s'em.. s'em... »
PATERMCK, lui prenant le papier.
Vous ne savez donc pas lire, goronidchi? ( it lit ) - Voulait .s'emparer de notre ville, nous nous sommes armés .sponlanémeut, et après un combat opiniâtre... »
LOUISE
Ah ! vous mentez...
PAlERNICK.
Puisque c'est un bulletin I... « Kt après un combat opiniâtre, nous les avons vaincus. #
BISCHOFF
Sans coup férir!
'ATERNICK.
Oh! ça veut dire sans tirer un coup de fusil.
LOUISE
Eli bien! caserait vrai.
PATEBNICB..
Mais il n'y aurait plus de gloire! Et comment voulez-vous que je fas.se valoir mes ole.ssures'... (Il lit.) « Quatre-vingt-dix hommes sont restés sur la place, cent vinj^i-cinq ont été faits pri soimieri5,et le reste a pris la 'uile. »
BlStlI(»KK.
Très bien:
LOUISK
.Mtendez donc... " (.Hiatre-vingt-dix nurts et vviit vin^t-cinq prisonniers, ça fait deux cent quinze; et vous ave/, dit une colonne de cent cinquante hommes... »
i;i>,cuoi r.
Ah: oui... ne nulle/, que \ iiiiil-cinq morts
l'ATERNK K.
Bal'.! des morts., on peut en mellre tant qu'on veut; ils ne réclameront pas... .l'arrang* rai cela. « Varmi les personnes qui sescjnl distinguées... » i;iSi;H(»i F.
Vo\uns. . qui c^l-ce qui se .M.-ra distingué?
PATERMCK..
Moi, d'abord, mes entants...