‹ L'espionne russe; épisode de 1812Chapitre 24 sur 50 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

LOUISE, seule. Elle regarde Dominique sortir. Comme il m'a regardée!

.Am (le M. lÉos BizoT.

Mais que mon cœur palpite !

Il tremble, il bat plus vite...

Quelle frayeur m'agite!...

D'où vieiu donc mon effroi .* D'une prompte vengeance Lorsque j'ai l'espérance.

J'hésite, jeî)alatice, El les plains malgré moi.

Oui, ma crainte redouble, El dès que ilniis mon trouble Je renconlre ses yeux...

La pitié me parle pour eux.

On se venge peut-être D'un ennemi, d'un maître; .Mais il ne doit plus l'éire Dès qu'il est malheureux.

Que dis-je ? j'oublierais tous les maux que je leur dois. Et ma mère, ma mère ! Ah ! ce souvenir me rend tout mon courage! Elle regarde autour d'elle.^ Sa valise est restée ouverte ; si je pouvais découvrir ce papier que l'on me demande ! (Elle ëcouts à la porte à gauche.) Personne! (Elle s'avance tItcment vers la vnliso et s'arrête tout à coup. ) Le COPUr me bal; il me semble que je fais mal... INonliElle fouille dans l.i valise ) Une bourse avec un petit papier ! ( Elle lit. ) « Pour mon vieux père. Recommandé à nvs camarades si je ne puis le lui porter moi-même » Il est bon lils! Ah! tant pisi j'aurais voulu leur savoir tous les défauts. ( Elle . remet la bourse.) Un médaillon, des recueils de . chansons, un papier. Voici sans doute ce que je cherche... Non, c'est une lettre. Voyons donc comment il s'appelle. ( Elle regarde l'adresse, i O ciel! «Louise IWinski, à Mohilow !" L'écriture de ma mère! c'est pour moi. ( Elleiesardc la lettre et lit d'une voix très émue. ) «Du 25 " [ soupirant. ) Trois jour.s avant sa mon ! ( Elle lit.) "Chère enfant! j'ai perdu l'espoir de l'embrasser encore;

/ESPIONNK

les .souff'ranr''s que j'i-proiive ni'averU.s.scMit que

je lie le verrai plus IvSavoix s'allère de plus en plus.)

le voulais l'a|ip( Ut près de moi, mais j'ai craint Ifs dansers d'un si long voyage... Sous prétexte que ma f<Tme pouvait servir d'abri aux ennemis, les Russes eux-mêmes l'ont réduite en eendiis!» \s'iiilerriimpanl.) Les Russes! \ Elle lil plus rapidcmenl.) • Surprise au milieu delà nuit, j'allais périr dans les flammes .. sans un Français... un jeune soldat! C'est lui qui te remettra cette lettre! ,. » (s'interrotnpani.^ Grand Dieu!\ Elle lit.)" En le voyant, songe, mon enfant, qu'il a risqué sa vie pour conserver la mienne, qu'il m'a prodigué les soins d'un iils !... Loui.sc , je n'ai pas besoin de te recommander la rceonnaissaiice ; n7ais, s'il se trouvait jamais en danger, n'oublie pas qu'il est le sauveur de ta mère 1 » ( avec terreur. ) Lui ! lui, le sauveur de ma mère! (d'une voii dëcliiranie.) 0 mon Dieu ! qu'ai-je f.iit !

( Elle lombeà geiiniix près de lacliaisc et sangloiesur la lettre.)

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