RUSSE
L0UI.se, avec larmes.
t!'était ma mère ! c'est elle que vous avez défendue, que vous avez sauvée au péril de vos jours; et pour prix de tant de bienfaits, pour prix de votre générosité, ,sa fille vous a trahi, vous a livré, vous a perdu !...
DOMINIQUE, reculant.
Que dites-vous ?
LOUISE, continuant.
Depuis (;e matin je me suis attachée à vos pas, j'ai épié vos discours, j'ai surpris le secret de votre fuite, et j'en ai averti vos ennemis. A moins d'un miracle vous et vos compagnons ne sortirez pas d'ici. Les ordres sont donnés; au premier mouvement, vous serez tous arrêtés.... et c'est par moi. Tout à l'heure encore, je cherchais dans vos papiers les moyens de vous perdre plus sûrement.
y0>IINlOUE, avec un mouvement.
Quoi ! vous avez osé ?... Une jeune fille abuser de l'amour qu'elle inspire, surprendre nos secrets, trahir ma confiance! (d'un ton concentré. ) Savez-vous bien que les espions... on les fusille.
( Louise fait un mouvement d'effroi. ) Mais rassurez-
vous ; je n'ai pas oublié votre mère : rendez-lui grâce... Adieu !
(Il fait un pas.) LOUISE.
OÙ allez-vous
Rejoindre mes camarades.
LOUISE
Ah ! ne me quittez pas, monsieur Dominique.
DOMINIQUE, brusquement.
AiB : Ce luth galant.
Vous m'retenez... De moi que voulez-vous?
LOUISE
Qu'vous m'regardiez avec moins de courroux; yue d'un accusateur vous quittiez l'front sévère... Car, j'en prends à témoin l'souvenir de ma mère, Malmiiani pour vous sauver j'donn'rais ma vie entière...
nie pardonnerez-vous?
DOMINIQUE, un peu ému.
Oh ! oui, oui, moi... de bon cœur; car je vois que vous êtes bien malheureuse. Mais mon pauvre Meunier, lui qui a une femme, des enfants...
LOUISE
Songeons d'abord à vous. Si je pouvais vous faire évader.
DOMINIQUE
Sans mes frères !... jamais!
LOUISE
Et que prétendez- vous?
DOMINIQUE
Me faire tuer avec eux. C'est une consolation^ et ça utilisera nos dernières cartouches.
LOUISE, avec résolution Non ! non ! vous ne mourrez pas; le ciel ni'la-