‹ L'espionne russe; épisode de 1812Chapitre 26 sur 50 · RUSSE · texte numérisé non relu

RUSSE

L0UI.se, avec larmes.

t!'était ma mère ! c'est elle que vous avez défendue, que vous avez sauvée au péril de vos jours; et pour prix de tant de bienfaits, pour prix de votre générosité, ,sa fille vous a trahi, vous a livré, vous a perdu !...

DOMINIQUE, reculant.

Que dites-vous ?

LOUISE, continuant.

Depuis (;e matin je me suis attachée à vos pas, j'ai épié vos discours, j'ai surpris le secret de votre fuite, et j'en ai averti vos ennemis. A moins d'un miracle vous et vos compagnons ne sortirez pas d'ici. Les ordres sont donnés; au premier mouvement, vous serez tous arrêtés.... et c'est par moi. Tout à l'heure encore, je cherchais dans vos papiers les moyens de vous perdre plus sûrement.

y0>IINlOUE, avec un mouvement.

Quoi ! vous avez osé ?... Une jeune fille abuser de l'amour qu'elle inspire, surprendre nos secrets, trahir ma confiance! (d'un ton concentré. ) Savez-vous bien que les espions... on les fusille.

( Louise fait un mouvement d'effroi. ) Mais rassurez-

vous ; je n'ai pas oublié votre mère : rendez-lui grâce... Adieu !

(Il fait un pas.) LOUISE.

OÙ allez-vous

Rejoindre mes camarades.

LOUISE

Ah ! ne me quittez pas, monsieur Dominique.

DOMINIQUE, brusquement.

AiB : Ce luth galant.

Vous m'retenez... De moi que voulez-vous?

LOUISE

Qu'vous m'regardiez avec moins de courroux; yue d'un accusateur vous quittiez l'front sévère... Car, j'en prends à témoin l'souvenir de ma mère, Malmiiani pour vous sauver j'donn'rais ma vie entière...

nie pardonnerez-vous?

DOMINIQUE, un peu ému.

Oh ! oui, oui, moi... de bon cœur; car je vois que vous êtes bien malheureuse. Mais mon pauvre Meunier, lui qui a une femme, des enfants...

LOUISE

Songeons d'abord à vous. Si je pouvais vous faire évader.

DOMINIQUE

Sans mes frères !... jamais!

LOUISE

Et que prétendez- vous?

DOMINIQUE

Me faire tuer avec eux. C'est une consolation^ et ça utilisera nos dernières cartouches.

LOUISE, avec résolution Non ! non ! vous ne mourrez pas; le ciel ni'la-

Page 1