‹ L'espionne russe; épisode de 1812Chapitre 39 sur 50 · SCENE I · texte numérisé non relu

SCENE I

DOMINIQUE, LOUISE, enveloppée dans un manteau de hussard et endormie; PLUSIEURS SOLDATS groupés autour du feu de bivouac.

(Au lever du rideau, Louise est couchée près d'un faisceau de fusils qui soutient un ro.nnteau qui lui sert d'abri; Dominique veille sur elle. Plusieurs soldats de différents corps, et vêtus d'uniformes à peine reconnaissables, sont placés çà et là autour du feu. Les uns sont enveloppés dans des pelisses déchirées, d'autres ont les pieds entourés de morceaux defourrures. Au fond, deux sentinelles à chaque extrémité du théâtre ; sur le devant de la scène, un vieux soldat debout, un bras en écbarpe et l'autre appuyé sur son fusil. Il fait nuit, mais le jour commence à se lever au milieu de la scène. )

DOMINIQUE, au vieux soldat.

Meunier ne reparait pas ?

LE VIEUX SOLDAT, regardant.

Pas encore; il est allé reconnaître le chemin , s'il y a moyen, au milieu de ce déluge de neige.

UN lEUNE SOLDAT, près du feu.

Oui, la neige dans le nez et les cosaques sur le dos. Us disent qu'ils déiViulent leur patrie. Je vous demande si ça a l'air d'une patrie, ça 7

LE VIEUX SOLDAT

Plains-toi donc, blanc-bec... (montrant Louise.) quand cette bonne petite créature qui nous a ^ervi de guide ne dit rien ! Pauvre petite mère! il y a encore une goutte d'eau-de-vie dans ma gourde .. je la garde pour elle.

LE JEUNE SOLDAT

Pardine ! elle est du pays, elle ; le froid, c'est son élément.

LE VIEUX SOLDAT

C'est égal, fais comme elle, n' souffle pas l'mot, et souffle dans tes doigts; c'est la con.^igiie. TOUS, murmurant.

Oh ! la consigne...

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