‹ L'espionne russe; épisode de 1812Chapitre 4 sur 50 · COITE · texte numérisé non relu

COITE

Qu'est-ce que cela signifie'

PATEHMCK.

Qu'ils sont en pleine rctrailc. qu'ils «ont coupés I Vous pouvez m'en croire, mon clicr; nous nous y connaissons... les retraites... depuis quinze ans nous n'avons fait (pic cela avec eux.

BISt.IIOFF.

Eh bien! alors... s'iLs sVn vont... laissons-les partir.

PATEBNICK..

Dieux .' Bi.schoff! le .^anj; moscovile est-il glacé dans vos veines? Vous, un maître de bourg, ce que nous appelons goronidchi, et moi, ancien garde -magasin . nous laisserions éeliapper •jne si belle occasion de nou.s distinguer !

BISCIIOFF.

Que voulez -vous faire î

PATERNICK.

Vous le demandez !.. Si j'étais sOr qu'ils sont perdus, je n'hésiterais pas à les faire prisonniers.

COTTE

C'est cela 1

BISCHOFF

Et .si c'était une ruse de guerre ! et au moment où nous les arrêterons, s'il leur arrivait d'autres troupes! nous serions fusillés.

PATERNICK.

Hein?... qu'est-ce que vous dites? .le n'avais pas envisagé la question sous ce point de vue lAolitique.

GOTTE

Bahl cane doit pas nous empêcher...

PATERNICK.

Si faitt... Diable! allons doucement; il .s'agit de montrer de l'esprit national et de ne pas recevoir une taloche.

Air : Adieu, je vous fuis, buis ihannaiits. A mon pays je dois mes soin.s ; Je veux qu'il redevienne libre; Mais quand j'aurais un bra.« de moins, En gard'rait-il plus d'équilibre?

El j'aime mieux, vu les graIl(J^ froids, El i)uis pour rester plus ingambe.

Me f.iire du feu de mon bois f-FuiOt que d'm'en faire une jambe.

GOTTE

Est-ce que ça doit tous arrêter? Je vais stimuler les habitants; dans un quart d'heure nous pouvons avoir le plus joli petit soulèvement...

PATERNICK.

Comme elle y va, votre vieille Gotte ! Doucement, fille de Kalmoucks! ce détachement est considérable.

GOTTE

Soixante trois hommes !

PATKRNItK.

Soixante-trois hommes et demi, à cause du petit tambour. Je lésai comptés.

BISCHOFF

Et nous ne sommes que six cents habitants !

PATERNICK.

Ils peuvent abuser de leur nombre. Il faut d'abord leur faire bonne mine et faire semblant d'être pour eux, jusqu'à ce qu'on puisse être contre.

GOTTE, indignée.

Leur faire bonne mine! Mort de ma vie! Je les déteste trop pour cela! Ce peuple-là estsi changé!... Autrefois, dans les premières guerres, le Français était aimable, prévenant. Ils me disaient tous: «Venez donc ici, ma belle, venez donc causer. » A présent c'est (d'un ion brusque.) :« Ma bonne, donnez-moi ci; ma bonne, allez-vousen » 11 y en a même qui me di.senl i-La vieille..

C'est l'effet des révolutions.

GOTTE

Et des changements de gouvernements.

PATERNICK.

Il faut cependant convenir d'un plan de conduite. Où donc est ma future, votre charmante fille d'auberge ?

GOTTE

Louise! Oh ! celle-là on n'a pas besoin de lui monter la tête ; c'est un démon.

BISCHOFF

Elle ne peut oublier .ses malheurs.

GOTTE

Pauvre enfant iTandis qu'elle était en apprentissage à Mohilow, loin de sa famille, n'a-t-elle pas appris un beau matin qu'elle avait tout perdu... leur ferme ruinée, incendiée...

BISCHOFF

Et sa mère morte de chagrin, ou d'accident; on ne sait pas au Juste.

PATERMCK.

On prétendait que c'était nous qui avions brûl la ferme.

GOTTE

Du tout! le bulletin dit que c'est eux.

Oui, tout ce qui se brûle, c'est eux; c'est convenu.

BISCHOFF

AUS.SI elle ne peut pas voir les Français sans se mettre dans des fureurs... Eh! tenez, l'entendez-vous ?

ACTK I,

Page 1