COITE
Qu'est-ce que cela signifie'
PATEHMCK.
Qu'ils sont en pleine rctrailc. qu'ils «ont coupés I Vous pouvez m'en croire, mon clicr; nous nous y connaissons... les retraites... depuis quinze ans nous n'avons fait (pic cela avec eux.
BISt.IIOFF.
Eh bien! alors... s'iLs sVn vont... laissons-les partir.
PATEBNICK..
Dieux .' Bi.schoff! le .^anj; moscovile est-il glacé dans vos veines? Vous, un maître de bourg, ce que nous appelons goronidchi, et moi, ancien garde -magasin . nous laisserions éeliapper •jne si belle occasion de nou.s distinguer !
BISCIIOFF.
Que voulez -vous faire î
PATERNICK.
Vous le demandez !.. Si j'étais sOr qu'ils sont perdus, je n'hésiterais pas à les faire prisonniers.
COTTE
C'est cela 1
BISCHOFF
Et .si c'était une ruse de guerre ! et au moment où nous les arrêterons, s'il leur arrivait d'autres troupes! nous serions fusillés.
PATERNICK.
Hein?... qu'est-ce que vous dites? .le n'avais pas envisagé la question sous ce point de vue lAolitique.
GOTTE
Bahl cane doit pas nous empêcher...
PATERNICK.
Si faitt... Diable! allons doucement; il .s'agit de montrer de l'esprit national et de ne pas recevoir une taloche.
Air : Adieu, je vous fuis, buis ihannaiits. A mon pays je dois mes soin.s ; Je veux qu'il redevienne libre; Mais quand j'aurais un bra.« de moins, En gard'rait-il plus d'équilibre?
El j'aime mieux, vu les graIl(J^ froids, El i)uis pour rester plus ingambe.
Me f.iire du feu de mon bois f-FuiOt que d'm'en faire une jambe.
GOTTE
Est-ce que ça doit tous arrêter? Je vais stimuler les habitants; dans un quart d'heure nous pouvons avoir le plus joli petit soulèvement...
PATERNICK.
Comme elle y va, votre vieille Gotte ! Doucement, fille de Kalmoucks! ce détachement est considérable.
GOTTE
Soixante trois hommes !
PATKRNItK.
Soixante-trois hommes et demi, à cause du petit tambour. Je lésai comptés.
BISCHOFF
Et nous ne sommes que six cents habitants !
PATERNICK.
Ils peuvent abuser de leur nombre. Il faut d'abord leur faire bonne mine et faire semblant d'être pour eux, jusqu'à ce qu'on puisse être contre.
GOTTE, indignée.
Leur faire bonne mine! Mort de ma vie! Je les déteste trop pour cela! Ce peuple-là estsi changé!... Autrefois, dans les premières guerres, le Français était aimable, prévenant. Ils me disaient tous: «Venez donc ici, ma belle, venez donc causer. » A présent c'est (d'un ion brusque.) :« Ma bonne, donnez-moi ci; ma bonne, allez-vousen » 11 y en a même qui me di.senl i-La vieille..
C'est l'effet des révolutions.
GOTTE
Et des changements de gouvernements.
PATERNICK.
Il faut cependant convenir d'un plan de conduite. Où donc est ma future, votre charmante fille d'auberge ?
GOTTE
Louise! Oh ! celle-là on n'a pas besoin de lui monter la tête ; c'est un démon.
BISCHOFF
Elle ne peut oublier .ses malheurs.
GOTTE
Pauvre enfant iTandis qu'elle était en apprentissage à Mohilow, loin de sa famille, n'a-t-elle pas appris un beau matin qu'elle avait tout perdu... leur ferme ruinée, incendiée...
BISCHOFF
Et sa mère morte de chagrin, ou d'accident; on ne sait pas au Juste.
PATERMCK.
On prétendait que c'était nous qui avions brûl la ferme.
GOTTE
Du tout! le bulletin dit que c'est eux.
Oui, tout ce qui se brûle, c'est eux; c'est convenu.
BISCHOFF
AUS.SI elle ne peut pas voir les Français sans se mettre dans des fureurs... Eh! tenez, l'entendez-vous ?
ACTK I,