‹ L'esprit au théatreChapitre 1 sur 308 · G PREFACE · texte numérisé non relu

G PREFACE

rompre la monotonie, nous avons mêlé quelques ingénuités à toutes ces boutades.

Nous aurions pu grossir beaucoup plus ce volume, mais il nous eût fallu ramasser des anecdotes scabreuses et des jeux d'esprit d'un tour trop risqué. Nous n'avions qu'à nous baisser, et ce genre de récolte eût été des plus abondants. Le monde des coulisses, comme le monde des ateliers, ne se gêne pas pour prendre des privautés avec la langue, et Dieu sait les triomphes sonores obtenus à l'aide de certaines audaces de style ! Piron et M. Veuillot sont là pour en témoigner. — Que M. Veuillot ne s'offense pas de l'accouplement! Certes, Piron a péché (hélas ! qui n'a pas été jeune une fois au moins en sa vie?), mais il a racheté ses fautes par une bonne fin, si l'on ne compte pas sa dernière grimace.

Donc, nous avons laissé à l'écart les « mots de gueule » et les gaietés grasses. Il en résulte une grande perte de sel, mais il faut en faire son deuil. Ce que l'on entend sans sourciller ferait rougir le papier, comme dirait M. Prudhonime.

Du reste, malgré les limites que nous nous sommes imposées, notre champ est encore assez vaste pour que les propos les plus variés s'y donnent carrière. Voici Arnal avec son flegme incurable; Pylade le pantomime et son inflexible bon sens; Corneille et sa bonhomie quelque peu narquoise ; M. Jlario Uchard dans l'ivresse de sa gloire; le vicomte d'Arlincourt et ses vers nonpareils; Sophie Arnould et ses traits acérés; Augustine Brohan et ses impitoyables sarcasmes; Ilarel et son esprit de ressources; Thémistocle et son amour des louanges; la modestie de M. de .louy; Mole pris dans ses propres filets; Palaprat et son tournebroche ; Michol et ses « bons gendarmes ; » les coups de canne de la Maupin; les ruades du chevalier de Tintiniac; les reparties du

Page 1