FAVART
Dans un grand dîner, Crébillon tîls s'amusait aux dépens de Favart. Il en vint jusqu'à s'écrier en riant :
— Oh ! le pauvre homme est aujourd'hui si bêle, qu'on prétendrait en vain tirer quelque chose de lui. ■
A ces mots Favart, surexcité, se lève, et adresse ce couplet impromptu à son adversaire :
Tu dis que je suis bête, Mon ami Crébillon.
Le mot n'est pas honnête, Mais ce n'est sans raison ;
11 faut que je sois bête
Car toujours j'applaudis A ce que tu nie dis.
FAVART (madame)
Bîadame Favarl fut la première qui observa le costume, et qui osa sacrifier les agréments de la figure à la vérité des caractères. Avant elle, les actrices qui représentaient des soubrettes, des paysannes, paraissaient avec de grands paniers, la tête surchargée de diamants, et gantées jusqu'au coude. Dans les Ajnours de Bastien et Bastieniie, elle mit un habit de serge, une chevelure plate, une simple croix d'or, et des sabots. Cette nouveauté déplut aux esprits pointus du parterre. Mais l'abbé de Voisenon les fit taire, en disant :
— Messieurs, ces sabots donneront des souliers aux comédiens.
FECIITER
Les Filles de marbre étaient en répétition. Félix voulait à toute force mourir au cinquième acte, à la place de Fechter. On lui objecte en vain que la situation s'y oppose; Félix n'en démord pas.
— Comment faire? murmure un des auteurs.
— Rien de plus facile, répond Fechter; Félix mourra du chagrin que j'ai!