‹ L'esprit au théatreChapitre 140 sur 308 · GRAVE MÉPRISE · texte numérisé non relu

GRAVE MÉPRISE

Il y avait représentation à bénéfice à l'Opéra. Avant le commencement du spectacle, une actrice d'un autre théâtre vient regarder la salle à travers la lucarne du rideau. Un habitué des coulisses s'approche d'elle et lui débite une forte galanterie. Celle-ci, sans se retourner, lui dit sèchement :

— Vous vous trompez, monsieur, je ne suis pas de l'Opéra.

GUÉRARI (la comtesse)

On compte à Turin deux théâtres français : le Théâtrè-Scribe et le Théâtre d'Angennes. Ils se font tout naturellement la guerre. Le premier ayant engagé M. et madame Lagrange, le second, piqué d'émulation, jeta un o^il de convoitise sur madame Luther : la comtesse Guérari, qui le dirige, fit jouer le télé-

graphe pour demander ses coiulilions à celle actrice poiirciiiqiianle représentalions :

— Quinze mille francs, répondit-elle.

Un assez joli denier : trois cents francs par soirée.

— J'accepte, riposta la comtesse; il faut Luther pour vaincre.

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