‹ L'esprit au théatreChapitre 141 sur 308 · GUIGNOL · texte numérisé non relu

GUIGNOL

Guignol, à la demande de Charles Nodier, était venu à l'Arsenal, pour lui apprendre à faire Polichinelle. L'auteur de Trilbij avait la passion des marionnettes cl voulait amuser lui-même ses pelils-enfanls. Il ignorait l'usage de la pratique, cet instrument à l'aide duquel on obtient la voix de Polichinelle, et qui est formé de deux pièces de fer -blanc que traverse une languette de ruban de (il.

— Tenez, lui dit Guignol, puis(|ue vous n'avez pas de pratique, voici la mienne.

Nodier la prend et la met bravement dans sa bouche; mais le tout était de s'en servir. Il avait peur de s'étrangler : à chaque mouvement de langue, la pratique menaçait de glisser dans le gosier.

— Ne craignez rien ! s'écria Guignol ; quand vous l'avaleriez, cela ne vous ferait aucun mal. J'ai déjà avalé celle que vous avez là plus de dix fois.

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