‹ L'esprit au théatreChapitre 149 sur 308 · JUSTIFICATION DE PIRON · texte numérisé non relu

JUSTIFICATION DE PIRON

Étant à la représentation des Chimères, opéra-comique de sa composition, Piron se trouve à côté d'un homme qui ne cessait de se récrier contre celle farce, en disant :

— Que cela est mauvais ! que cela est pitoyable! Qui est-ce qui peut faire des sottises pareilles?

— C'est moi, monsieur, répondit Piron ; mais ne criez pas si haut, parce qu'il y a beaucoup d'honnêtes gens qui trouvent cela assez bon pour eux.

KARR (les vers cassés d'alphonse)

« C'est une singulière chose que les vers au théâtre. Un pauvre auteur se fatigue à aligner ses phrases en douze syllabes finissant par la même consonnance. Quand son ouvrage est fini, le travail, le Lut dcselTorls des acteurs, est de dissimuler le travail de l'auteur, de couper les vers de façon à ce qu'on n'entende plus les rimes ni la mesure. En un mot, je ne puis, en

conscience, me priver de ce mauvais jeu de mois, qui me vicnl de lui-même : le poète ne fait des vers (jue pour ((ue les acteurs les cassent, v

LACOUR (siademoiselle)

Le duc de la Vallière, voyant à l'Opéra la petite Lacour sans diamants, s'approche d'elle et lu questionne brusquement à ce |)ropos.

— Hélas! dit-elle, les diamants sont la croix de Saint-Louis de notre état.

Sur ce mot, il devint amoureux fou d'elle. Elle le subjuguait par les mêmes moyens qui réussirent à madame Dubarry près de Louis XV. Elle lui ôlait son cordon bleu, le mettait à terre, et lui disait :

— Mets-toi à genoux là-dessus, vieille ducaille !

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