MORT OU VIF
Dans la vie de théâtre, le public el les artistes sont tour à tour spirituels et intelligents ; mais la présence d'esprit est un plus grand mérite chez l'artiste, qui a déjà 5 combattre l'émotion que donne la scène. Il y a de ces hardiesses qui doivent être bien
aie l'esprit au théâtre
ccueillies du public, et l'artiste intelligent a linslinct de ce bon a ccueii avant de les risquer.
Tout le monde a connu un vieil acteur du nom d'Honoré, qui vient de mourir.
Honoré, qui débuta à Paris dans les rôles de Potier, était fort aimé à Bordeaux.
Il annonçait, un soir, qu'un de ses camarades, Pastelot, trèsbien venu du public, était malade, et proposait un autre artiste pour le remplacer.
Un monsieur de Tonneins ou de Pauillac, qui était venu, lui, pour voir l'acteur en vogue, s'écrie :
— Non t nous voulons Pastelot, mort ou vif!
Honoré salue trois fois gravement, et dit avec le ton le plus poli :
— Messieurs, je suis payé pour dire des bêtises; mais je n'aurais jamais trouvé celle-là î
Le public prit bien la chose, lacteur fut vivement applaudi.
MOYEN D'APPRIVOISER PALMIS
Un officier, qui se trouvait au théâtre de Lyon, où l'on jouait ïAlcibiade de Campistron, indigné de la façon cruelle dont l'actrice qui jouait Palmis traitait uu héros si passionné, se leva de sa place, et, s'adressant à l'acteur rebuté :
— Eh ! que diable ! tu n'as qu'une chose à faire pour changer son humeur, cest de changer sa garde-robe. Tu peux m'en croire : j'en ai fait l'épreuve.