R3I0IRE
Une jeune actrice qui avait plus de beauté que d'orthographe proposait la charade suivante :
Mon premier est un métal précieux, Mon second un tissu moelleux, Mon tout les renferme tous deux.
Comme on ne devinait pas, elle s'écria en haussant les épaules :
— Faut-il être bêtes!... Il n'y a rien déplus facile... C'est Ormoire.
PAÊR A TOULON
Le compositeur Paër , passant à Toulon , fui vivement pressé de faire exécuter une de ses compositions.
Comme il objectait que, pour cela, il fallait des chanteurs, on lui amena trois jeunes hommes ayant des voix remarquables.
C'étaient tout simplement trois forçats.
Un surtout fit l'admiration du maître, qui oublia complètement la position de son nouveau ténor.
— Veux-lu venirà Paris? lui dit-il. Je me charge de te faire une grande position.
— Je ne demanderais pas mieux ; mais on ne me laissera pas partir, répondit douloureusement le pauvre diable.
— Ceci me regarde, tranquillise-toi.
— Mais, monsieur, reprit l'infortuné jeune homme, comment voulez -vous que j'ose me mêler à des chanteurs, avec ce que j'ai sur l'épaule?
— Qu'as-tu donc sur l'épaule, mon garçon?
— Voyez !
Et, écartant sa chemise, il montra sur sa chair une place otî le fer rouge avait imprimé d'une manière indélébile les terribles lettres T. F.
— T. F. î s'écria Paër, qui poursuivait son idée, T. F. ! mais c'est parfait, mon garçon; on dirait que cela a été fait exprès; T. F. ! ça fait justement Théatre-Feydeac. On fera marquer les autres.