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PONT-ALAIS

Pont-Alais, conlemporain et camarade de Gringoire, auteur et acteur comme lui, devint par la suite entrepreneur de Mystères. Il était fécond en bons mots, et pour ce était recherché des personnes les plus qualifiées de la cour. Il eut même l'honneur d'approcher souvent des rois Louis XII et François 1'=''.

Pont-Alais était bossu : un jour, il aborda un cardinal qui l'était aussi, et, mettant sa gibbosilé contre la sienne :

— Monseigneur, lui dit-il, nous voici en état de prouver que deux montagnes, aussi bien que deux hommes peuvent se rencontrer, en dépit du proverbe qui dit le contraire.

Avant que l'on fût dans l'usage d'afficher le titre des pièces au coin des rues, on faisait battre le tambourin par les carrefours de la ville; et, lorsqu'un certain nombre de gens s'étaient assemblés, un acteur, qui accompagnait le joueur de tambourin, faisait l'éloge de la pièce du jour, et invitait le public à la venir voir. Un dimanche malin, Pont-Alais eut la hardiesse de faire battre le tambourin presque à la porte de l'église Saint-Eustache. Le curé venait de monter en chaire. Interrompu par le bruit, et voyant les fidèles sortir en foule pour aller entendre le baladin, il cessa son prône et alla le trouver.

— Qui vous a fait si hardi, lui dit-il, de tambouriner pendant que je prêche?

— El vous, qui vous a fail si hardi lie prêcher pendant que je tambourine? reprit imperlinenimeut Pont-Alais.

Son barbier se plaignait de ce qu'on ne lui confiait que de petits rôles. Pont-AIais le chargea de représenter le Roi de l'Inde Majeure. Il le fit asseoir sur un trône élevé, et, se plaçant malicieusement derrière lui, déclama ces vers :

Je suis des moindres le mineur, Et n'ai pas vaillant un teston, Mais le roi d'Inde le Majeur M"a souvent rasé le menton.

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