‹ L'esprit au théatreChapitre 247 sur 308 · ROSSINI · texte numérisé non relu

ROSSINI

Rossini avait fait un pari; l'enjeu était une dinde truffée. Son adversaire le perdit, et, comme il ne se pressait pas de s'exécuter, Rossini lui dit :

— Eh bien, mon cher, à quand donc la dinde? L'autre :

— Les truffes ne sont pas encore bonnes.

— Allons donc, dit le maestro, ce sont les dindons qui font courir ce bruit-là.

Lablaclie se trouvait en Italie, chez l'auteur icGnillaume Tell, au moment où l'on jonail liobcrl Bruce à Paris. Il devait repartir pour la France le lenilomain ; et, comme un grand vent s'élevait :

— Voilà, dit-il, un mauvais temps pour passer les Alpes.

— Vous prenez cela pour du vent, dit Rossini, en souriant; vous vous trompez, c'est le bruit des sililets de lioberl Bruce.

Il est toujours aussi pétillant d'esprit.

Listz lui prcsentail, il y a peu de temps, un énorme rouleau de musique de sa composition.

Rossini développa le rouleau et parcourut le tout d'un coup d'œil rapide.

— Eli bien, dit Listz, qu'en pensez-vous, maître?

— Ma foi, fait Rossini, à ne vous rien celer, j'aime encore mieux celui d'hnydn.

— Comment! dit Listz stupéfait, est-ce que Haydn a fait un opéra sur le même sujet que moi ?

— Vous ne comprenez pas, mio caro. Je dis tout simplement que j'aime mieux le cliaos d'Haydn que le vôtre.

Quand on donna le Prophète, Rossini était à Bologne :

— Comment, lui dit un de ses amis, n'avcz-vous pas fi'.il le

voyage de Paris pour aller entendre le nouvel ouvrage de Meyerbeer?

— Bah ! répondit-il, je l'entendrai bien d'ici.

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