ROUSSEAU (J.-J
Néron ne se contentait pas de faire des vers : il se plaisait, comme on sait, à les chanter en plein théâtre. I! allait égorger ceux qui s'endormaient.
— Nobles acteurs de l'Opéra de Paris, s'écriait à ce propos J.-J. Rousseau, ah! si vous aviez joui de la puissance impériale, je ne gémirais pas maintenant d'avoir trop vécu.
J.-J. Rousseau, qui ne savait pas l'anglais, venaitde voir jouer Garrick. Cet acteur lui demandant s'il avait entendu la pièce . — Je n'en ai pas perdu un mot, répondit-il.
Au sortir de la représentation de V Amant de lui-même, qui n'eut point de succès, Rousseau entra au café Procope, et dit tout haut :
— La pièce nouvelle est tombée ; elle mérite sa chute, elle m'a ennuyé; elle est de Rousseau de Genève, et c'est moi qui suis ce Rousseau.
J.-J. Rousseau étant à Fontainebleau , à la représentation de
l'esprit au TIIÉATUE 275
son Devin du village, un courtisan l'aborda, ellui dit poliment:
— Monsieur, permetlez-vous que je vous fasse mon compliment?
— Oui, monsieur, dit Rousseau, s'il est bien. Le courtisan parti, on dit à Rousseau :
— Mais, y songez-vous? quelle réponse vous venez de faire!
— Fort bonne, dit Rousseau : connaissez-vous rien de pire qu'un compliment mal fait?