‹ L'esprit au théatreChapitre 252 sur 308 · SAMSON · texte numérisé non relu

SAMSON

Samson disait en parlant de Monrose :

— Je n'aime pas à jouer avec ce gaillard-là : j'ai toujours peur qu'il ne mette le feu aux planches.

Il y a toutes sortes de façons de se former une opinion sur

une pièce. Un jour, un poëte refusé à l'unanimité par le coniilé du Tiiéàlre-Français aborda M. Samson après l'arrêt rendu.

— Monsieur, lui dit-il, j'ai lieu de me plaindre de vous. Vous avez déposé une boule noire dans l'urne, et vous aviez dormi tout le long de la lecture.

— Mais, monsieur, répliqua l'artiste, en littérature le sommeil est une opinion.

SANDEAU (juLEs)

L'auteur de Mademoiselle de la Seiglière est, comme on sait, parfaitement chauve. II monte un malin chez son ami E. Augier, et le trouve occupé à faire jouer la serrure d'une armoire de fer qu'il vient d'acheter.

— Qu'est-ce que cela? dit-il.

— Cela, c'est un coffre-fort.

— Un colTre-forl!... Adieu, moucher...

— Où donc vas-tu si vite?

— Je vais m'acheter un peigne!

Meycrbeer ne manque aucune occasion de proclamer bien haut le génie de Rossini. Mais ne vous fiez pas à cette admiralion bruyante. Meyerbecr masque ses malices. On prétend qu'il entretient des dormeurs chargés de ronfler à Othello, au Barbier, enfin à tous les chefs-d'œuvre du maître. Un jour qu'il ronflait lui-même durant une représentation de Semiramide :

— Ne faites pas attention, aurait dit Jules Sandeau à ceux qui criaient au scandale, c'est Meycrbeer ([iii économise un dormeur.

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