‹ L'esprit au théatreChapitre 278 sur 308 · THÉÂTRE, ÉCOLE DE MOEURS · texte numérisé non relu

THÉÂTRE, ÉCOLE DE MOEURS

Un harpagon disait en voyant jouer l'Avare :

— Il y a beaucoup à profiter dans la pièce de Molière ; on en peut tirer d'excellents principes d'économie.

TIIÉMISTOCLE

C'était la coutume à Athènes, dans les spectacles lyriques, de

clianler les belles aelloiis des grands capitaines. Quelqu'un demandant à Tliémislocie (jucl clait l'acteur dont la voix lui plaisait le plus :

— Celui, répondit-il, (jui chante mes louanges.

TENORS D'AUTREFOIS

Dans les dernières années de sa carrière lliéàtralc, connue on commençait à donner de fort gros appoiiilements à des arlisles moins grands et moins utiles que Garcia, sa femme le pre.-^sail de demander une augmentation à laquelle il avait évidemment des droits.

Garcia répondait imperturbablement:

— Un ténor vaut 25,000 francs par an, s'il est bon; pas un sou de moins, pas un sou de plus. S'il est moins payé (|ue cela, on le vole; s'il l'est plus, il vole son argent. Les autres, ils volent leur argent.

THÉODORE (mademoiselle)

.Mademoiselle Théodore, danseuse de rO|téra, vivait en excel- Wulii intelligence avec d'Auberval, lorsque parut le chevalier de N.ubonne, *\n\ tournait toutes les lèles. La tète de iiiailemitiselle Théodore tourna comme les autres. Au bout de si.\ sem.iines, die trouva fade le chevalier, et, son cœur la rameiuint a d'Auberval, elle lui écrivit :

« C'est moi, c'est voire inlidèle, si je le suis. Tu n'as donc pas remarqué (jue le chevalier a tous tes traits : mèines yeux, même front, même sourire ; il n"a pas Ion cœur et je l'ai cru ; car

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cV'Iait loi que j'adorais on lui; je l'aimais pour l'aimer deux fois; reste seul et lu nie suffiras. Veux-tu me recevoir? ai-jc une rivale? Point de réponse. Je t'attends à souper ou je te liais pour la vie. Tu sais que je tiens parole. »

D'Auberval n'eut garde de nianiiuer au souper.

TIIERMOPYLES

Mad(;moiselle Léontine demandait à M. Paul Fouclicr si le l)assase des Tlierniopyles, tant vanté dans l'antiquité, était aussi lieau que le passage des Panoramas.

— II l'était bien davantage, répondit l'auteur de la Voisin.

THILLON (madami; anna)

On cite le mot suivant d'une homonyme de madame Anna Tliillon, jeune, jolie, mariée, actrice et Anglaise comme elle.

Le mari de ce sosie de la charmante actrice, rentrant chez lui de Irop bonne heure, au retour d'un voyage, trouva sa place occupée dans le lit de sa femme.

— Oh ! Anna, lui dit-il, jure-moi que tu es encore pure...

— Vo élé un bette, répondit Anna.

TIIYNGII-TI

Thyngh-li, empereur de la Chine, devint éperdnment amoureux d'une comédienne; sa passion l'entraîna si loin (|ue, pour ré|Ouser, il répudia rimpéralricc. Il voulut que tous les princes

et toutes les princesses lui fissent leur cour. Enclianlé de sa maîtresse, il demanda à sa mère ce qu'elle en pensait.

— Elle est ù merveille, repartit Pan-IIyay; elle joue avec beaucoup de vérité, et un premier rôle ne lui messied pas.

Celle réponse fit réfléchir l'empereur; on le vil pâlir et rougir successivement. Enfin il prit son parti :

— Vous avez raison! s'écria-t-il ; son élévation n'est non plus qu'une comédie.

El la comédienne fut chassée du palais.

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