VOISENON
i.abbé de Voisenon, en 17y3, donna au Théâtre- Italien un petit acte assez maussade. La pièce n'ayant eu aucun succès, quebiu'un lui demanda pouniuoi il lavait risquée à la scène.
— Il y a si longtemps, répondit Voisenon,que tout Paris m'ennuie en détail, que j'ai saisi celte occasion de rassembler mon monde et de prendre ma revanche en gros.
SJn homme qui se trouvait au parterre de la Comédie, à côté de l'orchestre, où l'abbé de Voisenon causait assez haut, cria de toute sa force :
— Taisez-vous donc, bête à foin ! vous m'empêches d'entendre.
— Monsieur, lui répondit froidement l'abbé, ne vous ôtcz donc pas les morceaux de la bouche.
Voisenon assistait, chez Voltaire, à la lecture de la tragédie iVAlzire; Racine fils crut y reconnaitrc un de ses vers, et répétait toujours entre ses dents ;
— Ce vers-là est à moi.
Cela impatiente l'abbé qui, s'approchant de Voltaire :
— Rendez-lui son vers, dit-il, et qu'il s'en aille. .
A la représentation de la comédie du Cercle, de Poinsinet, pièce dont quelques scènes, écrites du ton de la bonne compagnie, en font une peinture assez fidèle, (luoique cet auteur ne la fréquentât guère :
— Ah ! le fripon, dit à ce sujet l'abbé de Voisenon, il a écouté aux portes.