‹ L'esprit au théatreChapitre 301 sur 308 · VOLANGE · texte numérisé non relu

VOLANGE

Volangc se plaisait à débaptiser les pièces. Au lieu d'annoncer Zaïre, il nietlail sur l'affiche : le Grand Turc atnoureux el jaloux ; Il intitulait Bcverleij : les Cruels Effets de la passion du jeu. Quand la troupe nomade qu'il dirigeait passait dans une ville, il avaitsoin de choisir parmi les pièces celles qui pouvaient y avoir un rapport quelconque. A Brevis-la-Gaillarde, il jouait le Voyage interroîupu de Picard, et il l'intitulait : le Jeune Homme de Drivcs-la-Gaillarde. A Villeiicuve-sur -Yonne, c'était le Collatéral, auquel il donnait pour titre : le Marchand de buis de Villeneuvc-sur-Youne. 11 faisait jouer la même pièce sous le titre de : la Dilifjence à Joionij, la Dilifjence a Reims, la Diligence a Gisors, etc. Si on arrivait à Dijon, il intitulait le drame si connu de Mercier : la Brouette du vinaigrier de Dijon. C'est au point qu'un jour, à Villers-Colterets, il eut l'aplomb de donner te Misanthrope et de l'intituler : le Misanthrope de V illers-Cotierels. Il avait une mémoire merveilleuse et se plaisait à rappeler le lieu de la naissance des auteurs dont il représentait les ouvrages. Quelquefois, pour les besoins de la caisse, il dépaysait les gens. Un jour, dans un mauvais village de la Brie, il eut le front d'annoncer le Médecin malgré lui, comédie, par un jeune auteur de celle commune. Du reste, ce vieux charlatanisme s'est renouvelé à notre époque. Des directeurs de province grossissent le bagage des auteurs en vogue. On a lu, dans une petite ville de département une afliche ainsi conçue :

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