‹ L'esprit au théatreChapitre 47 sur 308 · BOILEAU · texte numérisé non relu

BOILEAU

Il y a dans la comédie du Misaniliropc un trait que Blolière copia d'après nature, et ce trait, ce fut Boilcau qui le lui fournil. Molière voulait le détourner de l'acharnement qu'il faisait paraître dans ses satires contre Chapelain ; il lui disait que ce poète était en grande considération dans le monde, qu'il était particulièrement aimé de Colberl, et que ces railleries ouirées pourraient lui allirer la disgrâce du ministre et même du roi.

— Que m'importe! s'écria brusquement Boileau. Mais, iN moins que le roi ne ui'ordonue expressément de trouver bons les

vers de Chapelain, je soulieiidrai toujours qu'un homme, après avoir fait laPucellc, mérite d'être pemlu.

Molière se mil à rire de cette saillie, et l'employa ensuite fort à propos dans la dernière scène du deuxième acte de son Misanthrope :

ll^js qu'un commandement exprès du roi me vienne De trouver bons les vers dont on se met en peine, Je soutiendrai, morbleu ! toujours qu'il sont mauvais, Et qu'un homme est pendable après les avoir faits.

BOISGONTIER (mademoiselle)

Mademoiselle Boisgontier, qui amusa longtemps de sa verve joyeuse, le puhlic des Variétés, fumait quelque chose comme cinq sous de caporal par jour. On a fait sur elle cette épitaplie anticipée :

« Il lui sera heaucoup pardonné, car elle a beaucoup fumé. »

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