‹ L'esprit au théatreChapitre 78 sur 308 · CORRECTIONS DE ZAÏRE · texte numérisé non relu

CORRECTIONS DE ZAÏRE

Zaïre fut d'abord reçue du public avec les applaudissements qu'elle méritait; mais la critique ne fut pas muette, et le poète, toujours inquiet, fatiguait les acteurs de ses corrections. L'acteur Dufresne était devenu inexorable, inaccessible même; sa porte ne s'ouvrait plus à Voltaire.

Celui-ci ne glissait ses changements que par la serrure ; Dufresne ne les lisait point; mais, un jour qu'il donnait un grand

dîner à ses amis, arrive un pâté de perdrix, de la part de quelqu'un qui ne se nommait pas. Le pâté fut servi aux acclamations des convives, et ouvert avec curiosité : qu'on se figure leur surprise, à la vue de douze perdrix, tenant dans leur bec autant de billets qui renfermaient tous les vers -à retrancher ou à substituer dans le rôle de Dufresne. Pour le coup, les corrections furent accueillies du comédien.

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