‹ L'esprit au théatreChapitre 84 sur 308 · DANGER DU SUBJONCTIF · texte numérisé non relu

DANGER DU SUBJONCTIF

C'était la veille de la première représentation des Doigts de fée. M. Scribe, l'inexorable puriste que chacun sait, surveillait la répétition générale.

Tout allait au mieux, c'est-à-dire le plus médiocrement possible, lorsque le savant académicien s'aperçoil qu'un figurant, chargé d'un rôle de vieux domestique, avait l'air beaucoup trop jeune. Il s'avance aussitôt vers lui, et poliment :

— Il faudrait, mon ami, que vous vous grimassiez davantage.

— Malhonnête, reprit l'artiste en fermant les poings, grimacier vous-même !

DANGEVILLE (MADEMoisraiE) Mademoiselle Dangevillc élail douée de celle présence d'espril

qui fait saisir en scène l'à-propos des circonstances imprévues. Elle en donna une preuve lors de la première représentation des Mécontents, comédie en trois actes, avec un prologue, un divertissement et un vaudeville. Elle y jouait le rôle de Léonore, et chantait à la fin de la pièce le couplet suivant :

AU PAMTERRE.

Nous travaillons de notre mieux A vous divertir par nos jeux.

Si nous obtenons vos suffrages, Chaque jour pour tous les ouvrages Nous en demanderons autant :

Et voilà comme

L'homme N'est jamais content.

On lui cria /'/s. Elle répéla le couplet; et, comme on criait encore bis au moment où elle se retirait, elle se retourna du côté du public, et chanta seulement le refrain :

Et voilà comme

L'homme N'est jamais content.

Cette saillie fut vivement applaudie.

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