‹ L'esprit au théatreChapitre 85 sur 308 · DANSEUSE QUI A DE L'ORDRE · texte numérisé non relu

DANSEUSE QUI A DE L'ORDRE

Mademoiselle X**% danseuse émérite, qui avait gagné de bonnes rentes

A montrer aux quinquets, le soir, de maigres choses.

et qui était d'une avarice sordide, mourait d'une maladie de poitrine. Les médecins l'avaient condamnée : elle connaissait. leur verdict et se montrait résignée; ce qui ne l'empêchait pas d'avoir l'œil aux dépenses de sa maison. Voyant le jour qui commençait à poindre :

— Joseph, dit-elle, éteignez donc cette bougie; voilà comme on me ruine.

DATUS

Le comédien Datus, dans une satire qu'il chanta à la fin d'une atellane, dit en grec ;

— Adieu, mon père! adieu, ma mère !

C'était devant Néron, qui avait empoisonné son père et fait noyer sa mère. En chantant la première phrase, il représentait par ses gestes une personne qui boit, et, en chantant la seconde, il imitait une personne qui se débat dans l'eau et qui enfonce; puis, en ajoutant à la fin : « Pluton vous conduit à la mort, » il regarda les sénateurs que ce prince avait menacés d'exterminer, et les désigna du geste. Le courage romain s'était réfugié sur le théâtre.

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