LE SPORT
Le Sport, spécialisation du jeu, est l’art qui consiste à savoir mobiliser le centre de gravité du corps sur un point d'appui stable ou instable ou sans appui, sans attitude recherchée d’avance, en vue du moindre effort instinctif et non éducatif à ‘produire subitement, par
des mouvements libres, non classi- | fiés et personnels adaptés d'après .
l’âge, le sexe et la structure ana- .
tomique aux divers segments du corps sans la recherche directe de leurs effets physiologiques sur les grandes fonctions de la vie.
Le Sport est basé sur la synthèse et sur l’émotivité.
La santé est de la vie équilibrée, la maladie est de la vie déséquilibrée. Le mouvement maintient l'équilibre par l'hygiène, et le rétablit par la thérapeutique. Le mouvement est d'ordre chimique avec les aliments et les remèdes pharmaceutiques ; il est d'ordre physique avec les agents physi-
ques : gymnastique, jeux, sports, air, eau, lumière, chaleur, froid, etc,
massage, électricité, etc., etc. L'application du mouvement est délicate. Elle constitué une science, celle-ci est à peine soupçonnée en France.
Ag
Principes.
Mécanique. — Physiologie. — Pédagogie. — Sociologie.
La science du mouvement physique appliquée à l’homme est très complexe. Elle soulève des questions d’ordre somatique, psychique, diététique, cosmique, héréditaire, social, etc... Ce n’est pas tout. Alors que toutes les autres sciences ignorent les frontières nationales, le chauvinisme les impose et les resserre en éducation physique. L'émotivité domine la raison. Îl est nécessaire d'exposer les principes de mécanique, de physiologie, de pédagogie et de sociologie, qui régissent la vie physique.
Mécanique.
Principes mécaniques. — L'homme est soumis à la loi de la pesanteur, il est bipède et articulé ; le centre de gravité de son corps, c’est-à-dire son poids, est placé à la onzième vertèbre “dorsale, soit à 1m 24 environ du sol, pour une taille de 1 73 ; à 1m 21, tte une taillé de 1m 66 ; à 4m 09, pour une taille de 1m 58,
Sous l'influence de l'attraction terrestre, le corps tomberait en avant en flexion, si les muscles extenseurs, placés en arrière, du côté opposé à cette flexion, n’empêéchaient la chute et ne redressaient le tronc par la fixation entre eux des segments articulaires et particulièrement des vertèbres de la colonne vertébrale, tige flexible, articulée aux jambes par l'articulation à « joint universel » du bassin. La flexion du tronc en avant, en modifiant le jeu des côtes, :atténue la valeur des échanges nutritifs respiratoires surtout au cours.de la scolarité chez les enfants, et dans la généralité des travaux manuels, d’où nécessité d’entraîner les muscles extenseurs de la tête, des épaules, du tronc et des jambes, afin de mieux libérer la poitrine et d'assurer ainsi des échanges gazeux plus profonds et plus nombreux. Toutes les erreurs en gymnastique éducative, dont les mouvements n'ont de valeur que s'ils sont disciplinés, et toutes fes discussions sur la Méthode proviennent d’un fait qui échappe à l'attention par la facilité et la rapidité extrêmes avec lesquelles il se passe ; c’est le déplacement du centre de gravité, c’est-à-dire du poids du corps, en dehors du plan vertical de la colonne vertébrale, sur lequel il doit être fixé.
Son plus petit déplacement modifie du tout au tout l’économie du mouvement, en transformant instantanément un levier du froisième genre en un levier du premier genre, d’où différence qualitative du travail musculaire effectué.
La marche éducative, dans laquelle la fixation voulue et recherchée d'avance du centre de gravité dans le plan vertical, met en fonction un levier du troisième genre, interpuissant, par les muscles psoas-iliaques, qui soulèvent la jambe ; la marche animale économique dans laquelle le poids du corps projeté en avant constitue un levier du premier genre, interappui, sont un exemple de cette transformation des leviers. La marche éducative est un excellent entraînement à la marche économique.
Le principe de la gymnastique éducative consiste à savoir fixer rigidement le point d'appui général donné à tous les segments du corps sur la colonne vertébrale. Celle-ci joue le rôle principal dans la vie. On peut vivre sans bras ni jambes, mais non sans colonne vertébrale, d’où nécessité, au point de vue éducatif, de fixer le point d'appui sur des plans ou des agrès rigides à équilibre stable et non sur des plans ou des agrès
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mobiles à équilibre instable, car leur instabilité même provoque et facilite l'instabilité déjà si grande du centre de gravité du corps. Les exercices de suspension à vide, sur les mains, au-dessus du sol, ne fixent pas ce centre de gravité, d’où les attitudes de compensation prises par les gymnastes pour le mobiliser au moyen de procédés ou de trucs personnels.
Pourquoi est-il denc si nécessaire de fixer ainsi la colonne vertébrale et d'entraîner pour cela tout particulièrement les muscles du dos et du cou ?
Physiologie.
Les Principes Physiologiques répondent : l’homme naît, vit et meurt dans un milieu aérien : son premier acte, en naissant, est une inspiration ; son dernier acte, en mourant, est une expiration: La respiration ouvre et ferme la vie, d’où nécessité de bien respirer. On peut vivre plusieurs jours sans manger ni boire, on ne.peut vivre plusieurs minutes sans respirer ; la nutrition gazeuse est donc la plus importante, d’où nécessité d’en assurer l’excellence, Un muscle spécial assure cette nutrition : le diaphragme, d'où nécessité de Le bien entraîner. Or ce muscie, par ses piliers, prend un point d'appui sur les trois premières vertèbres lombaires, à peu près au niveau du centre de gravité du corps, d’où nécessité de bien fixer la colonne vertébrale, afin de mieux assurer le jeu du diaphragme et, par ce jeu, la nutrition gazeuse. Mais la colonne vertébrale est flexible, étant articulée par des vertèbres mobiles, d’où nécessité de fixer ces vertèbres par l’entraînément rationnel des muscles spéciaux des gouttières et du tronc, à la région postérieure, de la tête au sacrum. D'autre part, la masse du cœur et des poumons, placés au-dessus du ‘diaphragme, atténue l’amplitude de son jeu dans la respiration profonde, d’où nécessité de soulager le diaphragme avec le concours des muscles inspirateurs qui, prenant leur point d'appui aux épaules, au-dessus du diaphragme, soulèvent les côtes, tandis que les muscles expirateurs les abaïissent, leur point d'appui étant pris sur le bassin, d’où nécessité de bien régler le jeu alternatif de ces deux grands groupes musculaires, l’un thoracique, l’autre abdominal, en vue des respirations profondes et complètes. Enfin les côtes prennent un point d'appui sur la colonne vertébrale, qui prend le sien au bassin, d’où nécessité de bien fixer le bassin pour mieux fixer la colonne vertébrale.
Cette nécessité est moins impérative dans la respiration passive que dans la respiration active. Le diaphragme assure la respiration passive par ses propres moyens, mais avec le minimum de nutrition gazeuse, le maximum est assuré par le concours des muscles inspirateurs et expirateurs.
D’expériences récentes, il résulte que l’homme peut vivre avec un sixième de ses poumons. La quantité d’air expiré avec le moindre travail du diaphragme au repos, est d'environ de 400 à 500 centilitres, soit le sixième environ de la capacité des poumons, chez un homme sain et d’une taille de 1m 70 à 1m 75 environ, puüisque l’éxpiration profonde donne une moyenne de 2 litres 500 à 3 litres d’air. On peut vivre ainsi parce que le principe de la vie est l’équilibre par accommodation au milieu. L’homme peut donc atteindre une vieillesse avancée, tel Voltaire, mais avec un minimum de vie; c'est la vie parcimonieuse d’un rentier physiologique pauvre, impuissant dès lors à tout acte physique complet, facile proie des maladies constitutionnelles ou microbiennes et procréant des enfants mal venus dans le déséquilibre de sa nutrition. Le problème consiste donc à assurer une bonne nütrition aérienne, afin de pouvoir vivre en rentier physiologique riche, toujours prêt à dépenser des rentes que l'éducation physique intégrale ne fait d’ailleurs qu'augmenter. Dans l’ordre économique social, cé qui fait la joie de vivre ce n’est pas de posséder le nécessaire, c'est d’avoir le superflu assuré. La recherche du superflu est le principe même du progrès humain. Une nation qui n’existe que par le nécessaire