‹ L'esprit de contradiction, comédie en un acte. Representée pour la première fois en 1700, reprise au Théatre National de l'Odéon le 12 Fév. 1920. Direction Paul GavaultChapitre 25 sur 31 · SCENE XX · texte numérisé non relu

SCENE XX

A\GELI(,)UE, VALÈllE. madame OliONTH

MADXMK OnUiNTE. à })avL

Mil liile seule tivcc \'alère 1

VALÈRE

Justifiez-vous donc, ou convenez que vous m'avez li-ahi : parlez, nous sommes seuls.

ANGÉLIQUE, voyant sa mère.

Je vous parlerai à vous seul, comme je vous ai parlé en la présence de monsieur Thibaudois. Mon père veut que je l'épouse ; et je vous déclare que j'en suis ravie.

VALÈRE

Oh ! je ne puis plus [me contenir. Plus de mciiagements, je vais trouver volre mère.

ANGÉLIQUE

Allez, monsieur, allez ; vous pouvez lui dire que je n'ai nulle inclination pour* vous.

VALi;RE, apercevait madame Oronte.

Madame, avez-vous entendu ? Je suis trahi,

42 LESmiT DE CONTRA.01CTION

madame: car enfin, il nest plus temps de vous cacher mon amour pour une ingrate... Vous voyez comme file me traite.

M.\OAME ORONTE

Vous me faites compassion, monsieur ; voir la lille et le père acharnés contre vous et contre moi ! J'entre dans votre situation, car je me conforme volontiers aux sentiments des autres.

VALÉRE

Non, après le procédé d'Angélique, je ne veux jamais entendre parler d'elle.

MADAME ORONTE

Je vous l'avouerai, je n'avais nulle envie de vous proposer ma fille.

VALKRE

Vous me la pioposeriez en vain.

MADAME ORONTE

Mais pour vous prouver, à vous, (jui êtes un homme raisonnable, que la raison seule me détermine, il me prendrait envie de vous offrir...

VALÈRE

Je refuse vos offres, madame : je ne suis pas homme à violenter les inclinations.

MADAME ORONTE

Que j'aurai de plaisir à vous venger de mon

mari, de nui lille, de loul le monde enfin ! car tout s'accorde pour me contredire.. le vous prie, monsieur...

VALKRE

Il n'en sera rien.

MADAME ORONTE

Quoi ! vous me contredites aussi ! Oli ! je vous ferai de si gros avantages, que je vous obligerai à épouser ma fille,

ANdKLIQUE

Quoi, ma mère ! vous voudriez m'engager maigr»^ moi ?

MADAME OnONTE

Malgré vous, ma fille? \e vous souvienl-il plus que vous n'avez point de volonté ?

ANdKLIOIJE

Ilélas! quand je vous parlais ainsi, je no parlais pas sincèrement. Pourquoi voulez-vous empêcher un riche établissement que je trouve avec monsieui' Thibaudois ?

MADAMK ORONTE

Monsieur a plus de bien que vous n'en méritez.

44 I.'ESPniT l>E OONTIUDICTION

ANUi-LKjUK

l'^h 1 ma mère, je vous en conjure !

MADAME ORONTE

Taisez-vous, je sais toutes vos menées ; le notaire m'a tout dit. Vouloir me trahir ! m'expos<'r à faire la volontf' d'un mari ! Pour vous punir, je vous Icial signer le même contrat que vous aviez fait dresser contre moi; je vais \r foire remplir du nom de N'alère.

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