SCENE XX
A\GELI(,)UE, VALÈllE. madame OliONTH
MADXMK OnUiNTE. à })avL
Mil liile seule tivcc \'alère 1
VALÈRE
Justifiez-vous donc, ou convenez que vous m'avez li-ahi : parlez, nous sommes seuls.
ANGÉLIQUE, voyant sa mère.
Je vous parlerai à vous seul, comme je vous ai parlé en la présence de monsieur Thibaudois. Mon père veut que je l'épouse ; et je vous déclare que j'en suis ravie.
VALÈRE
Oh ! je ne puis plus [me contenir. Plus de mciiagements, je vais trouver volre mère.
ANGÉLIQUE
Allez, monsieur, allez ; vous pouvez lui dire que je n'ai nulle inclination pour* vous.
VALi;RE, apercevait madame Oronte.
Madame, avez-vous entendu ? Je suis trahi,
42 LESmiT DE CONTRA.01CTION
madame: car enfin, il nest plus temps de vous cacher mon amour pour une ingrate... Vous voyez comme file me traite.
M.\OAME ORONTE
Vous me faites compassion, monsieur ; voir la lille et le père acharnés contre vous et contre moi ! J'entre dans votre situation, car je me conforme volontiers aux sentiments des autres.
VALÉRE
Non, après le procédé d'Angélique, je ne veux jamais entendre parler d'elle.
MADAME ORONTE
Je vous l'avouerai, je n'avais nulle envie de vous proposer ma fille.
VALKRE
Vous me la pioposeriez en vain.
MADAME ORONTE
Mais pour vous prouver, à vous, (jui êtes un homme raisonnable, que la raison seule me détermine, il me prendrait envie de vous offrir...
VALÈRE
Je refuse vos offres, madame : je ne suis pas homme à violenter les inclinations.
MADAME ORONTE
Que j'aurai de plaisir à vous venger de mon
mari, de nui lille, de loul le monde enfin ! car tout s'accorde pour me contredire.. le vous prie, monsieur...
VALKRE
Il n'en sera rien.
MADAME ORONTE
Quoi ! vous me contredites aussi ! Oli ! je vous ferai de si gros avantages, que je vous obligerai à épouser ma fille,
ANdKLIQUE
Quoi, ma mère ! vous voudriez m'engager maigr»^ moi ?
MADAME OnONTE
Malgré vous, ma fille? \e vous souvienl-il plus que vous n'avez point de volonté ?
ANdKLIOIJE
Ilélas! quand je vous parlais ainsi, je no parlais pas sincèrement. Pourquoi voulez-vous empêcher un riche établissement que je trouve avec monsieui' Thibaudois ?
MADAMK ORONTE
Monsieur a plus de bien que vous n'en méritez.
44 I.'ESPniT l>E OONTIUDICTION
ANUi-LKjUK
l'^h 1 ma mère, je vous en conjure !
MADAME ORONTE
Taisez-vous, je sais toutes vos menées ; le notaire m'a tout dit. Vouloir me trahir ! m'expos<'r à faire la volontf' d'un mari ! Pour vous punir, je vous Icial signer le même contrat que vous aviez fait dresser contre moi; je vais \r foire remplir du nom de N'alère.