‹ L'ésprit de la GauleChapitre 49 sur 58 · LA ROYAUTÉ GAULOISE · texte numérisé non relu

LA ROYAUTÉ GAULOISE

effets. Ainsi, lors du mouvement soulevé dans le nord de la Gaule par Indutiomar, on traduit devant des assemblées populaires les

sentences de mort. . Lus S ■nniKiis. iluul lu fepiibliqiie est Irés-puissante etd'une grande nuloiilt- die/, les (lanlois, ri j L il.'sar, tentent de mellre a mort, pur un conseil public, Cavarln, que César avuit fait parvenir à la royauté parmi eux: suit frère Moritnsgus 1:1 possédai! à l'arrivée de César dans la Gaule, et leurs ancêtres l'avaient eue également. ■ [Lib. Y, c. iv.) Ici, l'historien uc dit point de quelle nature cia l le tribunal criminel dont il parle; mais, de ce qu'il écrit sur l'affaire du même genre provoquée c liez les ïrevires, il résulte que, chez ces derniers du muins, c'était une assemblée populaire, ou mieux encore, s'il est permis de prendre ce mot dans toute sa profondeur, une assemblée de la garde nationale. • Selon la coutume des (i;nilois, an cimmieueeinent de la guerre, par une lui générale, tous les hommes qui ont dépassé l'âge de la puberté doivent se réunir en armes, et celui qui arrive le dernier est mis à mort avec loutes sortes de tortures devant la multitude. Dans celte assemblée. Indulioinar fait prononcer un jugement qui déclare ennemi Cingetorix, son gendre, chef de l'autre faction, qui, ayant suivi le parti de C:sar, ne s'en elait pas sépare; cl il met en vente ses biens. . (Ibid.) A Chartres, le roi qui avait été élu sous l'influence de César est également condamne ; mais le fait du jugement n'est pas aussi bien indique, la narration se bornant a déclarer laconiquement qu'un grand nombre de citoyens se trouvaient complices.

Du reste, on doit reconnaître, sans se laisser faire illusion par les mots, que les procès contre les rois ne différaient en rien de ceux qui, dans le même temps et pour les mêmes motife, devaient être intentes aux autres magistrats. On voit une trace, à la vérité trop peu distincte, de ceux-ci, dans l'histoire de l'insurrection tentée dans l'ouest par Viridom. Les populations entrent en révolution et mettent a mort non pas leurs rois, peut-cire parce que dans ces états le pouvoir était oligarchique, mais leurs sénats. Bien qu'ici le langage de César éveille plutôt l'idée d'un massacre que d'un arrêt, il n'y a pourtant rien de défini, et il n'est pas hors

ïrevires, les sentences de mort aient ele le résultat des délibérations de la mullitude armée. < Eu quelques jours, dit-il, les Aulcrques, — Eburovices et les Loxoviens, ayant mis à mort leurs

sériais, parce qu'ils ri'fusiiienl In guerre, fiTm^nl leurs portes cl si; lient avec Yiridovix : de toute In Gaule s'étaient réunis autour de lui une gronde multitude d'hommes perdus et de voleurs que l'espérance du pillage cl le goût de la guerre avait enlevés a l'agriculture cl à leurs travaux quotidiens, j (I.ib. lil, c. xvii.j Maigre le tour dédaigneux rie l'hUorien, il csl sensible que c'était In clnsse pi.puliiiri' ipii. plus délicate i|iie toute nuire sur l'honneur de la

gens perdus, '[lie Yereingetori^ relevé dans Cei'govie l'étendard de rinilc|iendiinee. après y avoir abaltu par la terreur l'aristocratie. < Chasse de Gcrgovio par Gobanilio. son oncle, et les autres princes, qui pensaient "qu'il ne fallait point tenter celte fortune, il ne se tii'sisle pris cl rainasse dans les campagnes une troupe de pauvres et de gens perdus. > ;Lih. VII, c. tv.)

Il est peut-être permis de eiinjeeiurer que les procès faits aux rois par l'aristocratie roulaient plutôt sur des usurpations de pouvoir, d'après le même principe que les procès faits ubv prétendants. César rapparie que Celtilt, père de Vercingeloih, après avoir exerce le comiiiijiidemçn! supivme i^rinf'/i-iinin) sur taule la Gaule, avait cte mis à mort chez les Arvurn.es, parce qu'il visait a la royauté, quoi re-giuon ai>iiHr:mi. L'Iiisloire nous apprend que In royauté avait existe auparavant chez les Arvcrnes, et Ceitill prétendait la rétablir. Sous sa tentative, comme sous celle d'Ûrgétnrix. se cachait peut-être un complut trame avec l'anpuidu peuple contre le gouvernement du petit nombre. On voit Vercingclorix. dés son entrée a Gergovie, après sa victoire sur le parti de l'arisioerclie. recevoir du peuple ce même nom de roi qui avait été si fatal à son pore, flfj- à suis appeUalur, dit César. C'était aussi à ce nom de roi i|uc visdi'-ul. dans Irur conjuration pour le rétablissement tic la Gaule, Orgetorix, Dnmnorix, Castic, cl c'est pareillement sur le peuple qu'ils agissaient. Dans certaines républiques, comme celles des Scnoiiais, des Tre vires, des Trhiobanles, il y avait des rois ; dans d'autres, comme chez les Educns, il n'y en avait pas ; mais partout, de ce que l'aristocratie était intéressée à ne pas avoir de maître, il fallait bien qu'elle veillât avec sévérité, soit à empêcher les rois de s'élever, soit à empêcher les rois de s"agrandir.

L'idée de lu responsabilité de la magistrature souveraine était

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