LA ROYAUTÉ GAULOISE
si profondément implantée chez tés Gnulois qu'on lui voit donner des [ucurs jusque rinns le moyen âge, alors que la féodalité, dans In pleniiu'li' de sou d i -vh ■ [i>p [>i 'nî i t, avait, même dans les provinces restées jï l'abri des influences i;er]iiariit[ues, remplacé par dos p i i n ■ i [i -i u i < ■ s hrré lilaircs les principautés électives. Le code (l'Hoël. dans li'i[nel I. 1 pnitvoh' mnliiH'rhii|ile el ses privilèges d'hérédité sont pourtant si formellement consacrés, offre une multi-
rovnumes celtiques ité la Grande- Brctégno les idées républicaines, de l'ancien temps. Voici une loi que l'un pourrait croire tirée textuellement des codes de la Gaule.
« Quiconque dira que té roi ou quelque officier en son nom, par privilège d'olhec ou autre, a commis une oppression a son égard contrairement à !n loi, qu'il obtienne sans délai un verdict du pays à cet égard, et, si le verdiel certiiie que la plainte est fondée, qu'il y soit fait droit immédiatement; et c'est là l'iusliluliou cupidité entre le maître et ses sujets, enrame donnant protection contre té pouvoir du maiire. • (Cod. Démet., t. I, liv. III.)
Celte loi n'était pas dépourvue de sanction. Le roi reconnu coupable pouvait être non-se-utémciit contraint, mais frappé de deehonnœ par té jugement de l'a;sem!ili-e générale des États confed Tés. Celle assemblée, qui, même sous lo régime des monarchies, continuait à garder le dépôt central de la souveraineté, devait être présid a par le roi suprême de la confédération, brenin pennaf, c'est-à-dire par le roi le plus ancien en lomps de paix, et. en temps de guerre, par le dictateur élu dans la reunion des hommes armés. Voici le texte :
t II y a trois choses qui ne doivent s'accomplir que par té concours du pays, de In confédération dos Etals et du clan suprême : changer les lois d'un roi; détrôner un roi; établir de nouvelles méthodes el sciences dans té corps des bardes.
i DetrOner un roi ne peut se faire que par le jugement du pays et des États confédérés. La sentence île celte assemblée générale est basée sur celle des trois cents membres composant la Cour de chaque État, sous In présidence du roi suprême; el il faut que la majorité ries Étals les plus puissants adhère a la sentence rendue.' (Ug. Wall., t. Il, I. III.)
Il est bien remarquable de voir ces mêmes sentiments renaître en France, avec une vivacité qui ressemble à un réveil, au moment de la Révolution, alors que, la noblesse et le cierge disparaissant, le
vieux fond de la Gaule vient reprendre lout à coup le dessus. N'étant plus gouvernés par l'influence de Kome, ni parcelle de l'aristocratie germanique, il fallait bien que les esprits revinssent a leurs inspirations natarelles. G est à ee point de vue qu'il faut considérer le jugement de l'infortuné Louis XVI, et il en reçoit un jour tout nouveau. Il est certain, en etfet, que les questions soulevées par ce procès auraient pris une simplicité iieaucoup plus grande, si on l'avait tout uniment rattaché n la reprise de l'ancienne jurisprudence nationale. Quelques syslomes que les légistes se fussent complus à inventer sur I.' il mil absolu de In royauté, la galion ne leur avait jamais accorde aucune sanction, et elle ne l'aurait pu faire : son droit elnil inaliénable comme imprescriptible. G»; n'est pas que celte manière de voir ert( entièrement échappe (in Ounilc de [egtslnlion dans l'insl niclion de ceilc cause solennelle, mais, sans doute par le défaut d'une préparation suffi sante du siècle à cet égard, il n'eu avait pas tiré toat le parti qu'il aurait dû. Voici comment s'exprimait sur ce point le Comile dans l'cxordedcson rapport à la Convention, du 7 novembre 179i: ■ Est ce d'ailleurs dans le nouveau code français seulement que ces lois se retrouvent 1 N'rxislnienl-clles pas de tous les temps et daas tous les pays? Ne sont-elles pas aussi anciennes que la
jours le droit contre' le prince. Mais pourquoi celte réserve? Le droit qu'a loulc nation de juger et de condamner ses rois u'est-il pas une condition neeessai renient inhérente à l'acte social qui les plaça sur le trône? N'est-il pas une conséquence éternelle, inaliénable do la souveraineté nationale? » Mais ce n'était pas asseï d'avoir entrevu la vraie tradition, il aurait fallu lui donner toute sa force en l'assoyant ouvertement sur ses bases,
La passion du peuple qui, dans son exaltation, avait fini par voir un odieux tyran dans le malheureux Louis XVI, était allée bien plus loin dans la même voie. Sun mouvement donne assez bien l'idée de celui qui devait animer les Gaulois dans les occasions du même genre On ne peut nier, eu effet, ai étrange que cela paraisse, qu'il y ait eu un instinct mystique dans In manière dont la multitude (■iivisngcnil cette mort. Ainsi que dues les temps ou les druides preseniaii'iil l'ulTraudc île In Icle criminelle comme une expiation nécessaire, on voyait dans cet aete solennel non moins un sacriliee expiatoire qu'une vengeance. La victime ellemême, avec une grandeur dùme et un patriotisme que l'histoire
LA TRADITION GALLOISE. 304 ne doit pas craindre d'admirer, ni; lu prenait pas aalreincnt, bien qu'à l'inverse Sis parole* a Dieu, sons le glaive, rarent pour s'ofl'rir un hostie. < Je meurs innocent, je pardonne à mes ennemis, el je désire que mon sang soit utile aux Français el qu'il apaise la colcre de Dieu. • Sang iniiueeiit ou sang criaunel, celait toujoars l'antique et inhumain principe de l'expialinn par le sang. La traditiOD terrible de la Gaule s'y retrouvait face a l'ace avec les inspirations du dogme delà rédemption sanglante. Elle avait repris sa l'iiroui'lie énergie. Loin il'lii-siler comme dans la qurslion de droit, elle débordait avec un elîrayanl transport, en peut juger en lisant, dans le journal de Prudhomme, le plus populaire et le plus ai.'cmlile île tous 1rs journaux révolutionnaires, le recit de la rereuionie. Un druide ne l'eut pas écrit aulreiiH'ul. Voici le début : « Nous devions à la terre dont nous avions pour ainsi dire consacre l'esclavage par notre exemple, nous devions nue grande leçon dans la personne du saixnnto-sixirme de ces rois, pins criminel que tous ses prédécesseurs ensemble. Le sang de Louis Copet, verso par le glaive de la loi lo 121 janvier 17113, nous lave d'une flétrissure de treize cents années. Cet acte éclatant de justiee, auquel l'histoire des liomm js n a rien à comparer, aurait du peutêtre avoir lieu sur l'auiel même de la fédération. > Voici la conclusion : ( La liber lu ressemble à Citte divinité des anciens qu'au ne pouvait rendre favorable qu'en lui offrant en sacriliee la vie d'un grand coupable. Les druides prumcltaiont la victoire à nos uitcclres partant pour une secondi.' canipLi^iii:. i|uaud ils rapportaient rie la première nne tète couronnée, sur les aatels de I Hercule (.'nulois. ■ (jucl étrange sentiment religcux t poui'i|ooi faut-il que, dans celte crise sublime, en revenant à l'indépendance de la Gaule, lu France, emportée hors d'elle-même par la frénésie île In d'action, ait scmhle revenir aussi, a tant d'e^ards, a la superstition du sang et à la dureté? •
SUH LA TRAOITIOK GAU.OJSE
Ln difTcrenec qui a fini par s:' produire entre la France et l'Angleterre vient nou-seuloiuenl du la condition insulaire de celte région, qui a empêche l'Italie d'y peser comme dans la Gaule,
mais de ce que lïujeclhin germanique y □ été plus considérable et y a fait corps, ou lieu de s'éparpiller. La portion lo plus énergique de la race gauloise s'est trouvée rejetée dons la zùnc de l'ouest, tandis que l'étranger prenait possession des parties les plus essentielles du territoire ; et, bien que le christianisme ait finalement envahi les deux peuples, il n'est pas moins resté deux peuples et deus langues. En France, il n'y a jamais en, malgré toutes les diversités des provinces, qu'un fonds gaulois: en Angleterre, à l'oie du fonds gaulois, il y a eu le fonds germanique, et c'est lui nui est devenu dominateur, quoiqu'il reste, même dans l'Angleterre proprement dite, bien des éléments celtiques. Le fonds germanique a et,;, d uilleurs. bien modifié, à sou tour, par l'invasion franco-normande.
Comme lu conquête romaine uvail élè plus tardive, plus lente, moins complète qu'en Gaule, il s'ensuit que le druidisme, malgré les edits des empereurs et le christianisme, avait dù conserver on Angleterre, surtout dans l'ouest, des racines bien plus phi l'on des. Il ne s'était pas di 'compose, sous l'influence de la civilisation païenne, pour l'aire au christianisme la place plus facile. Aussi, lorsque les Romains, trop occupes sur le continent par les barbares, se décidèrent fi abandonner à elle-même celle lie lointaine, le druidisinc essaya l-il de s'y relever nussilûl. C'est l'époque de Tuliesin, d'Atleurin, de Llywurch- lien, époque de laquelle il subsisfe des monuments precieus. La Gronde-Bretagne n'avait pas assez perdu le son liment d'elle-même pour que sa religion, qui était le symbole le plus vif de sa nationalité, ne dùl pas ressusciter en même temps. Elle était si bien enracinée que, même en se frisant rluvlieus, ceu\ des druides qui avaient consenti à céder au mouvement nouveau ne s'étaient pourtant point entièrement <!e>
tucr d'eux- nicui es pivli'es (lu Christ, sans liante ^urce qu'il leur semlifail qu'Ksus Haut, sous un autre nom, le même que Jcliovah,
Aussi leur christianisme fui -il mélange d'une multitude d'influences de leur nm-ienue religion, et il leur eluit par la d'aillant plus cher qu ils pouvaient n'y voir qu'une reforme. On ne possède mal lieu reiisemeul que quelques traces de ce schisme dont les nuances on! du beaucoup varier, et ces traces sont trop rares pour qu'on en puisse reprendre l'histoire avec le détail qui serait nécessaire. Dis le vi* siècle, il parait à peu prés dissipé. Il est d'ail-