I. V. Êdairtiuancntt : n» VII, Mo su M ests celtiques
DE L'IDÉE DE DIEU. 13 rendait compte de In connexion, puisque le paganisme n'était aux yeux de l'orthodoxie qu'une dégénérescence, et qu'en Noé tons les peuples étaient virtuellement unis, ("'est ainsi que l'on jugeait dans Alexandrie, et aussi, comme on le voit, Origène, le plus illustre représentant du christianisme alexandrin, n'hésilait-il point à proclamer la consanguinité des deux doctrines.
Il est à croire que ce sentiment prenait appui sur uneconnaissance explicite des dogmes professés par le sacerdoce gaulois. Mais, à défaut d'autres données, la concordance entre les chênes sacrés de la Gaule et de la Judée aurait peut-être semblé suffisante. D'j moins faut-il reconnaître qu'aucun autre point n'a fait jusqu'ici plus de figure. L'Église ne pouvait ni laisser inaperçus les chênes d'Abraham, ni les consacrer sans leur rapporter les honneurs rendus ailleurs, particulièrement en Gaule, au même symbole. Rien ne devait lui paraître plus régulier que d'en faire la souche de tons les autres, et c'est en effet sous celle forme que s'est vulgarisée, chez les derniers disciples de la scolastique, la thèse dont il s'agit.
Dom Calmet, dans ses célèbres commentaires sur la Bible, fail un relevé des peuples qui ont donné place au chêne dans leur religion , et, insistant sur la coutume des Gaulois, il arrive naturellement à la conclusion (piécette eoulume ne pouvait avoir d'aulrc origine que le culte rendu primitivement à Jéliovah par Abraham sous les chênes. Dom Martin, dans son Traité de la religion desGauiois, n'a garde de négliger une opinion si favorable, à la fois, à la majesté d'Israël et à la dignité de la Gaule. . Ce qui peut avoir donné lieu au culte général du chêne, dit le savant bénédictin, c'est sans doute un chêne sous lequel l'Écriture observe qu'Abraham dressa si souvent des autels pour offrir des victimes à Dieu. » Le fondement capital du druidisme consistait dans le culte du chêne ; donc, par une induction nécessaire, ce culte ries druides tirait son origine des acles de religion dont les Juifs et Abraham, leur père, s'étaient acquittés sous des chênes. Conrad Celtes, dans ses Antiquités germaniques; Beyer, dans son traité des Dieux syriens ; bien d'autres encore qu'il serait superflu d'énnmérer, se rangent à celle même opinion, dont l'intervention des Phéniciens, qui auraient transporté