CHAPITRE XII
qu’ils 11e diffèrent point de plusieurs maladies médicinales ou artificielles étrangères aux symptômes des maladies naturelles chroniques. Quand l’irritation superficielle causée par la présence des cautères, sétons, etc., est plus forte que la maladie chronique naturelle, il arrive quelquefois qu’elle l’arrête, qu’elle suspend son cours plus ou moins ; mais cette circonstance coûte cher au patient ; elle diminue de jour en jour ses forces, elle l’enchaîne sur son lit de douleurs et le rend incessamment esclave de maladies factices, jusqu’au moment où un médecin éclairé vient l’arracher à une position aussi pénible en le traitant par des médicaments directs. Tout moyen de dérivation ou de diversion est fatal au patient et trompe le médecin qui y a recours. Pechlin nous en fournit une preuve remarquable , quand il nous rapporte qu’une espèce d’épilepsie suspendue durant plusieurs années par la présence du cautère, reparut avec des symptômes déchirants , plus tenaces qu’auparavant , sitôt que l’on eut fermé la plaie. Ce fait corrobore ceux que nous avons cités plus haut, et prouve d’abord que ce qu’on appelle faussement des remèdes ne le sont aucunement; ensuite, que les effets par eux produits ne sont ni semblables ni même opposés aux symptômes des maladies chroniques; enfin, parce qu’ils flattent sansjamais donner de résultats satisfaisants. Outre qu’ils affaiblissent singulièrement les forces des malades, ils les exposent à des désordres très-grands quand ,
fatigués par les inconvénients des cautères, des sétons et des autres ulcères artificiels, etc., ils se décident à les guérir.
Si Ton s’opiniâtre à suivre la méthode allopathique pour le traitement des maladies chroniques, parmi les nombreux et fâcheux effets qu’elle amène après elle, le plus à redouter, c’est de voir que la maladie artificielle , dissemblable de la naturelle, après avoir épuisé l’organisme du patient, se réunit à la maladie naturelle et vient en former une maladie compliquée. Chacune alors s’empare d’une partie isolée et distincte de l’organisme, et place le malade dans la plus triste position. Une personne syphylitique peut, de la sorte, gagner la gale : comme ces deux affections sont dissemblables entre elles , elles ne peuvent ni se détruire ni se guérir réciproquement , avec la seule différence cependant que , lorsque la gale est plus forte , les symptômes de la maladie vénérienne en sont suspendus pour quelque temps seulement : alors cette dernière, devenant plus forte ou également forte que la gale , les deux maladies s’unissent ensemble, s’emparent chacune de la partie de l’organisme qui lui convient le plus, et le pauvre patient tombe dans un état d’autant plus pénible qu’il y a difficulté plus grande à l’arracher de cette douloureuse situation et d’espérer de le guérir. La complication du scorbut, de la maladie vénérienne et de la plique n’est point rare en pareille circonstance. Aussi, comme l’observe très-judicieusement