CHAPITRE XX
rection est fausse et qui a induit à erreur nos premiers maîtres ; il faut , en outre , convenir que la résistance opposée par les disciples de la vieille école est une faute grave , puisqu’elle prouve en eux du mépris pour les progrès nécessaires de l’art de guérir, un oubli total des lois de la raison et de l’expérience, un entêtement dégradant pour une règle fallacieuse.
Voyons maintenant s’il est effectivement puisé dans l’ordre de la nature le principe fondamental de la médecine homœopathique, de traiter les maladies par des remèdes d’une action semblable aux symptômes que manifestent les maladies ellesmêmes ; et pour prouver ce qu’il nous importe de savoir, nous devons également, dans leur examen, recourir à l’observation pratique , le véritable organe , comme chacun le sait , de communication entre la nature et le médecin. L’observation nous enseigne, en effet, que l’on guérit les engourdissements dus au froid par l’action delà neige, les brûlures par celle du feu ou des liqueurs distillées, la constipation du ventre par l’usage des préparations homœopathiquesde nuxvomica , de brijonia alba, de menyanthes trifoliaia , de veratrum album , ou ellébore blanc, d estaphysagria, ou de platinum , etc. , remèdes qui agissent précisément dans le sens de la constipation du ventre. L’observation nousapprend aussi que l’on dissipe les diarrhées par des médicaments dont l’action produit chez l’homme sain des effets qui leur sont semblables, tels que le tartre sti-
bié, l’arsenic, le chelidonhim-majus? la coloquinte, la matricaire , la rhubarbe palmée , etc.; que l’on combat avec succès les maladies d’irritation , ou d’excès de stimulus, par des remèdes qui agissent également dans leur sens, et non point à l’aide de palliatifs, ou remèdes d’une action contraire à l’irritation elle-même. La raison de tout ce que nous venons d’exposer se trouve dans la justesse et la stabilité delà loi naturelle , qui, pour guérir radicalement, exige que l’action des remèdes soit semblable et non contraire aux symptômes des maladies. Ils ont donc positivement tort les praticiens qui citent sans cesse la règle contraria contrariis curantur , et s’entêtent à s’appuyer sur elle dans leur mode de guérir.
Quel pourrait être , dans l’état des choses que nous venons d’examiner sans prévention, le motif des médecins de la vieille école qui les empêcherait de renoncer à leur routine et de suivre dans leur pratique la loi des semblables , puisqu’ils reconcilieraient pour jamais les deux écoles , et que, dans l’intérêt de l’humanité, ils répondraient aux vues de la nature, qui montre et confirme sans cesse l’unité de ses ressources , ainsi qu’aux observations de tant d’illustres praticiens dont le zèle et la philantropie méritent les plus grands éloges pour avoir secoué le joug de la médecine des contraires ? Et lors même, ce que nous ne voulons point croire , que les autres disciples de la vieille école demeureraient sourds à la voix de la