‹ L'esprit de la médecine ancienne et nouvelle comparéesChapitre 158 sur 240 · CHAPITRE XX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX

nature en refusant de reconnaître et adopter l’unité de la médecine pratique , nous n’en serions pas moins convaincus d’avoir accompli notre devoir en montrant ici la justesse des principes sur lesquels elle est fondée. Après tout , nous le demandons, quel autre intérêt aurions-nous de préférer la loi des semblables à la règle vieillie des contraires , si ce n’est celui d’obéir à la force de l’expérience, qui fait briller à nos yeux la base solide de l’une et la fausseté de l’autre ?

Comme il importe à la science médicale de justifier de plus en plus cette démonstration , nous allons donner l’histoire de plusieurs maladies qui ont cédé aux remèdes appliqués d’après la loi des semblables , après avoir résisté avec une surprenante opiniâtreté à tous les moyens les plus héroïques de la médecine des contraires, administrés par de très-habiles médecins de l’ancienne école.

I. Mrae Ramelly, de Londres , âgée de soixante ans, d’une complexion robuste, était tourmentée depuis plus d’une année par trois tumeurs assez larges, dures et plus ou moins douloureuses; elles étaient placées le long de la cuisse et de la jambe gauche , à une certaine distance l’une de l’autre. Le chirurgien et le médecin qui traitèrent d’abord cette maladie n’ayant pu obtenir, par tous les moyens connus (que l’art leur indiquait), ni la solution ni la suppuration des tumeurs , lui proposèrent , comme dernière ressource de la chirurgie efficace , de recourir à l’extirpation , sans

cependant lui promettre un heureux résultat de cette opération : la patiente s’y refusa et vint implorer les secours de i’homœopathie ; elle nous consulta en 1852. Après avoir écouté très-attentivement la narration des faits que nous venons de rapporter, nous l’assurâmes qu’elle trouverait dans l’usage des remèdes homœopathiques la possible guérison qu’elle demandait avec instance. Nous lui prescrivîmes une quatrellionème partie de goutte primitive de la teinture de quinquina , qu’elle répéta tous les deux jours durant l’espace d’un mois ; elle prit ensuite, tous les huit jours , de la teinture de pulsatille à la même dose pendant six semaines; enfin nous lui administrâmes plusieurs fois une dixmillième partie d’un grain de sulphur ccdcareum , etc. Après ces remèdes et le régime qu’ils exigent, MmeRamelly fut entièrement guérie. Au bout de six à sept mois de n otre traitement, il ne lui restait pas la moindre trace de ses tumeurs. Ce fait étonna tellement le médecin et le chirurgien qui l’avaient d’abord entreprise qu’ils poussèrent la curiosité jusqu’à vouloir s’en assurer de visu et de tactu .

II. La demoiselle Cooke, également de Londres, d’une constitution éminemment nerveuse et d’un âge moyen, se trouvait sujette depuis longues années , mais de temps à autre , à de si violentes attaques de migraine qu’elle était contrainte de garder le lit deux ou trois jours , période de leur durée. Une circonstance à noter, c’est que, du-

Page 1