CHAPITRE XXL
âge : les exceptions sont beaucoup plus nombreuses que les cas réguliers. On peut bien, à la rigueur, avancer qu’il n’y a pas encore dans le domaine médical un type vrai, un type patent sur lequel on puisse régler avec certitude et précision la dose médicamenteuse à employer, et, si l’on veut soutenir qu’il existe, il est au-dessous de celui que nous indique la nature elle-même dans l’examen approfondi des tempéraments, des climats, du sexe et de l’âge : c’est le point essentiel à bien étudier quand on veut appliquer régulièrement la dose des médicaments, que l’on suive la méthode antipathique, allopathique ou homœopathique.
Le mode qu’il nous semble le plus convenable, celui qui est susceptible de nous indiquer avec précision et rectitude la dose des remèdes dans le traitement régulier des maladies procède d’abord de la connaissance approfondie de leur forme extérieure , ensuite de l’idée plus exacte du degré réel de la sensibilité du malade. Quand, dans une affection quelconque, il y a concours de symptômes intenses, le remède indiqué veut être administré à une plus forte dose; si, au contraire, le nombre et la puissance des symptômes sont moindres, la dose à donner sera plus petite. La raison de cette différence se trouve expliquée par le fait pratique lui-même : tout médecin homœopathe sait que, pour attaquer convenablement une maladie naturelle plus forte ou plus grave que tout autre de la même espèce, comme pour arriver plus
sûrement et plus promptement à sa guérison , il est nécessaire de produire une maladie médicinale semblable, plus intense dans le traitement de la première, et plus faible dans la cure de la seconde maladie naturelle, c’est-à-dire que la dose du même remède doit être élevée dans le premier cas et moindre dans le second ou dans la maladie naturelle moins grave.
Si l’on fait abstraction du degré d’intensité d’une maladie quelconque , on doit régler la dose du remède qui est bien indiquée sur le type de la sensibilité du malade : ainsi, toutes choses égales, il importe que la dose médicamenteuse soit plus faible chez un individu doué d’un plus haut degré de sensibilité, tandis qu’elle doit être plus forte chez celui qui est moins sensible, puisque Faction des médicaments est en raison directe de la sensibilité des malades. Supposons, par exemple, qu’une femme et un homme adulte se trouvent en même temps pris d’une fièvre inflammatoire d’un égal degré d’intensité : dans ce cas, il sera nécessaire de recourir à l’usage de la teinture d ’atropa bellcidonna pour l’un comme pour l’autre malade; mais, si la femme est plus délicate et plus sensible que l’homme adulte, il convient d’administrer au dernier une goutte entière de la dernière dilution de la même teinture, tandis que pour la première, il n’en faudra que moitié. Il faut cependant que cette dose soit susceptible de produire une maladie artificielle un peu plus forte que la maladie naturelle.