CHAPITRE XXIII
l’irritabilité, résultant de l’action des divers climats, et de la condition du sexe et de l’âge, puisque, abstraction faite de l’intérêt que prend la forme extérieure des maladies dans la dose des médicaments , c’est toujours le degré plus ou moins élevé des propriétés vitales, ci-dessus indiquées qui doit diriger le praticien dans la prescription de la dose des médicaments.
Donnons avant d’aller plus loin, donnons une idée générale des divers climats, dont l’influence modifie la sensibilité et l’irritabilité d’une manière si remarquable, puisque c’est, d’après ce type, qu’il convient de déterminer la dose des médicaments.
Les géographes entendent par climat , l’espace de terre contenu entre deux cercles parallèles à l’équateur. D’autres savants désignent sous cette dénomination , une partie quelconque du globe différant des autres parties sous le rapport des saisons, des jours plus ou moins longs, de la qualité du terrain et de la différence que présentent les mœurs et habitudes des habitants. Certains médecins appellent climat la constitution particulière de l’atmosphère d’une région quelconque, présentant des différences avec les autres contrées sous le triple rapport delà température, des vents et de l’humidité qui y prédominent. Us ajoutent que ces particularités dépendent de son degré de latitnde, de son élévation au-dessus du niveau de l’Océan et de sa position comme île ou comme faisant partie du continent.
Quel que soit le mérite de ces définitions, il est hors de doute qu’elles sont loin de comprendre tous les climats particuliers que la nature nous offre à chaque pas. Lorsque Y on distingue d’une manière générale le climat de la France, par exemple, de ceux de l’Italie, de l’Espagne, de la Russie ou de la Suisse, etc., et que l’on passe sous silence les climats variés de ces divers pays, on dépouille la science des climats des connaissances utiles, propres à faciliter l’esprit, à découvrir, dans toute son étendue, l’influence que les divers climats particuliers exercent sur tous les individus de notre espèce.
Voici les principes sur lesquels nous fondons l’existence des climats particuliers. Nous faisons d’abord observer que l’air atmosphérique qui constitue, par exemple , soit le climat de la France ou de l’Italie, soit celui de l’Angleterre ou de la Suisse, n’offre certainement pas ni un même degré de pureté ou d’insalubrité, ni la même température dans toutes les contrées appartenant à la France, à l’Italie, à l’Angleterre ou à toute autre région. On doit ensuite considérer la situation plus ou moins élevée ou plus ou moins basse de chaque ville ou de chaque canton d’un même état; on sait enfin que la proximité de la mer ou d’un grand lac produit toujours une variation sensible dans la température de l’atmosphère environnant. Or, il est évident que le climat d’un pays maritime diffère du pays voisin , quoique appartenant au