‹ L'esprit de la médecine ancienne et nouvelle comparéesChapitre 183 sur 240 · CHAPITRE XXIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIII

même état, royaume ou empire, lorsque celui-ci se trouve placé sur les bords d’une rivière ou d’un lac , ou bien lorsqu’il est entouré de montagnes ou d’une forêt, de sources d’eaux minérales ou de verdoyantes prairies, ou bien encore de landes ou de marécages. Il importe de réfléchir quand on parle, par exemple, du climat humide de l’Angleterre, que l’on a grand tort de croire que toutes les parties de ce royaume sont également humides; il faut savoir qu’il existe dans l’atmosphère d’un pays beaucoup de matières électriques, bien moins en tel autre, et qu’elles manquent absolument dans un troisième, quoique tous les trois soient voisins ou attenant au même état. Il en est de même des exhalaisons terrestres , qui se montrent tantôt plus intenses, tantôt fort minimes; elles varient selon que le sol est calcaire, argileux, sablonneux ou de toute autre nature. Toutes ces circonstances locales et beaucoup d’autres que nous passons sous silence, influent nécessairement et d’une manière différente sur notre organisme, et demandent à être comprises dans l’étude des climats. Ce sont elles qui nous autorisent, nonseulement à rejeter la vieille routine de porter le nombre des climats, chez les uns à sept, chez les autres, surtout Varenio , à trente ; mais encore à déclarer positivement qu’il y a autant de climats que de pays habités sur la terre.

Au reste aux médecins observateurs seuls appartient le droit de juger s’il y a ou non utilité

dans la recherche attentive et suivie des climats particuliers à chaque état, royaume ou empire, parce qu’ils savent que l’origine des maladies indigènes est liée à leur influence qui les détermine. Il serait bien à désirer que les praticiens zélés et consciencieux de chaque pays ou ville du monde connu rendissent à la science médicale le service essentiel, important, de constater toutes les particularités qui concourent à fixer le caractère des climats où ils vivent, et sous lesquels ils exercent leur noble profession. Le vieil usage de s’en tenir à la simple notion des climats généraux est trop opposé au but de la médecine rationnelle pour qu’on puisse, en regard des progrès réels de la science, le conserver plus longtemps.

Quelle que soit cependant l’opinion que les médecins adopteront, il n’en est pas moins vrai que les climats particuliers agissent profondément sur le physique comme sur le moral des hommes qui vivent sous leur influence. S’il en était autrement, comment pourrait-on expliquer la différence du teint, de la forme de la bouche, du nez et des autres traits de la physionomie de ces mêmes individus? Et puis, d’où pourrait-on conclure, sinon de l’influence des climats particuliers, la provenance de leurs différents dialectes, du degré de leur intelligence , de leurs diverses inclinations ou passions prédominantes ? Ce qu’il y a le plus encore à remarquer, c’est que parle simple accent, l’on distingue tout d’abord un Français d’un Ita-

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