CHAPITRE XXIV
essentielle de Fart de guérir. Tout en admettant que la vieille école a commis de grandes fautes , qu’elle a souvent cédé à des aberrations ridicules , il n’est pas moins vrai de dire qu’il faut au moins les connaître pour éviter d’en commettre de semblables.
Il est bon d’observer ici que , en lisant l’histoire de l’homœopathie , on voit que cette nouvelle science doit véritablement son origine et meme le degré de certitude et d’élévation , auquel elle est parvenue , aux nobles efforts des disciples les plus distingués de la vieille école : c’est à leur esprit progressif que l’on doit la grande œuvre que Hahnemann a si glorieusement achevée ; ils en ont préparé les voies que cet homme illustre a élargies et que ses élèves et ses amis ont couvertes de fleurs et de lauriers. Les disciples de la vieille école, à laquelle tous ont appartenu, par des études approfondies, par des observations régulières , par des réflexions savantes sont arrivés bien près de la découverte de la loi des semblables ; du simple pressentiment ils sont venus a la conviction ; et , il faut l’avouer , que Hahnemann lui-même n’aurait point eu le bonheur de la découvrir, s’il n’en eût point démêlé les premiers germes dans les écrits immortels spécialement d’Hippocrate , d’Erasto , de Detharing , Thoury,Berlholon, Stoerck,Stahl, Cirillo et d’autres médecins non moins célèbres de tous les siècles. C’est aussi la marche tenue par l’ancienne
médecine pour atteindre son perfectionnement, perfectionnement maintenant assuré et représenté tout entier par la science homœopathique , laquelle , nous le répétons , veut être considérée comme le résultat de l'esprit investigateur des plus savants disciples de l’ancienne école. Il y aurait donc iniquité , disons plus , il y aurait faute grave de prétendre émanciper entièrement la nouvelle médecine de la tutelle de l’ancienne , puisque l’une n’est que la conséquence naturelle des progrès de l’autre : les rapports qui les unissent sont tellement intimes qu’on ne peut les détruire. En voici des exemples.
D’abord il n’est point rare d’observer dans la pratique de l’homœopathie , comme nous l’avons noté dans le chap. lll., une sorte de toux sèche, fatigante, opiniâtre, où la nouvelle médecine emploie à une dose infinitésimale, soit la teinture arsénicale, soit le conïum mciculatum. Cependant l’un ou l’autre remède peut ne pas être bien indiqué, et, à vrai dire, ne le serait pas effectivement, si cette toux sèche provenait d’une affection du foie, au lieu de dépendre d’une condition morbifique des pouvions. Dans le second cas, la nouvelle médecine elle-même a recours à une préparation de quinquina ou de noix vomique. Pour franchir les limites du doute, et prescrire convenablement l’un des quatre remèdes indiqués , il faut nécessairement, à l’instar de l’ancienne médecine, s’assurer du siège de l’affection au moyen du stéthos-