‹ L'esprit de la médecine ancienne et nouvelle comparéesChapitre 192 sur 240 · CHAPITRE XXIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIV

cope, du pleximètre, ou , mieux encore , par l’exploration du pouls : c’est par la présence du pouls pectoral ou du pouls hépatique que l’on apprend positivement si la toux sèche résulte de la condition morbifique des poumons ou bien de celle du foie.

Cette utilité de la connaissance du pouls , qui fait partie de la pathologie allopathique , devient plus importante encore pour la cure des diverses espèces d’inflammations que l’homœopathie combat par des remèdes calculés d’après leur siège particulier, ou suivant les organes qui en sont affectés. Sans la connaissance parfaite des pouls diagnostiques il serait fort difficile, surtout dans certains cas, de démêler le véritable siège de l’affection inflammatoire. En effet, la difficulté de bien déterminer si tel malade est affecté d’une espèce de cardite , de pleurésie ou de pulmonie , vient à l’appui de notre assertion.

Une autre preuve de liaison de l’ancienne et de la nouvelle médecine pratique se trouve dans la cure des différentes espèces de fièvres. L’homœopathie prescrit la préparation d’aconit dans la fièvre rémittente, celle d’acide phosphorique dans la fièvre rhumatismale pure , la belladone dans la fièvre inflammatoire. Il en est de même pour les fièvres bilieuses , nerveuses ou malignes , contre lesquelles elle applique également divers remèdes, savoir : la camomille dans la fièvre bilieuse , la pulsatille contre la fièvre nerveuse , l’acide ni-

trique dans la fièvre maligne , etc. Pourrait- on espérer d’en diriger, selon la science homœopathique,les divers remèdes qu’elle indique dans la cure des différentes espèces de fièvres que nous venons de citer , si l’on ne savait d’abord distinguer leurs formes ou la véritable physionomie qu’elles présentent? On ne peut pas dire que ce n’est point à l’aide de la thérapeutique allopathique , qui*en écrit l’histoire , que l’on peut déterminer sûrement leur diagnostique , ni que la thérapeutique allopathique elle-même ne soit l’ouvrage des disciples de la vieille école.

Il est donc démontré que, sans l’étude régulière et suivie de la pathologie et de la thérapeutique allopathiques qui nous enseignent Fart de bien connaître la forme individuelle de chaque maladie, on ne peut guérir avec certitude les diverses espèces d’apoplexie, d’angine ou d’ophtalmie , etc., etc., contre lesquelles Fhomœopathie prescrit divers remèdes, comme elle en agit à l’égard des différentes sortes de maladies. A quoi bon nous servirait de savoir, par exemple, que le soufre , la staphysaigre, ou le ledum palustre , sont le meilleur remède contre la petite vérole , que Yaconitum guérit la variole ou que la belladonna est le spécifique de la scarlatine, si nous ignorons leur histoire, qui peint au naturel leur physionomie, et fait conséquemment distinguer une affection de l’autre , ce qui n’est pas toujours , surtout dans la période de l’invasion, etc. ?

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