‹ L'esprit de la médecine ancienne et nouvelle comparéesChapitre 193 sur 240 · CHAPITRE XXI Y · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXI Y

En somme, persuadés, comme nous le sommes, que la science homœopathique a banni pour jamais la règle contraria contrariis de la vieille école , et qu’elle lui reproche justement , non-seulement d’administrer les remèdes d’une action contraire aux symptômes des maladies, ce qui est une faute grave , mais encore de vouloir considérer les maladies internes générales comme autant de désordres matériels , ce qui induit sans cesse à erreur. Mais tout en convenant des aberrations de la pathologie et de la thérapeutique allopathiques, fruit du génie des disciples de la vieille école, nous ne pouvons point , après en avoir réformé tous les abus , nous permettre d’en repousser les notions utiles, d’en rejeter les précieux résultats. Toute réforme légitimement fondée a pour but de corriger les vices de nos anciennes institutions et non pas de les faire disparaître totalement , ce qui serait contraire à la raison et opposé à la marche progressive de l’esprit humain.

Pour nous convaincre de la nécessité où l’on est de respecter les connaissances utiles acquises par nos anciens maîtres , nous allons faire remarquer qu’il y a bien des cas (nous le croyons du moins) où il est évidemment prudent, sinon important, d’employer d’abord les moyens indiqués par l’ancienne médecine, pour venir ensuite aux remèdes homœopathiques pour en terminer régulièrement la guérison. Lorsque nous aurons exposé les motifs de notre assertion , nos lecteurs seront peut-

être suffisamment convaincus, sinon complètement persuadés de sa justesse.

Il est un fait bien connu par tous les adeptes de la nouvelle école , celui que , pour guérir homœopathiquement une maladie quelconque, il est nécessaire de la surexciter, c’est-à-dire d’élever son degré d’intensité jusqu’à un certain point, au-delà duquel il n’est plus permis d’aller plus loin sans dépasser le but, celui de la guérison. En d’autres termes, il convient de redoubler, pour ainsi dire , les paroxismes d’une maladie pour la guérir radicalement. Cependant on sait , d’une autre part, que les maladies ne se montrent pas toujours accompagnées de symptômes dociles et légers, et que bien souvent on a malheureusement recours au médecin lorsque l’une ou l’autre maladie est fort avancée , ou même qu’elle se trouve au plus haut degré d’exaltation , ou bien qu’elle est de sa nature extrêmement grave , même à son premier début.

Faut-il exalter une maladie lorsque son intensité est déjà au plus haut degré? Nous ne le pensons pas; car, s’il est vrai que les remèdes homœopathiques agissent dans le sens des symptômes de la maladie , s’ils élèvent encore sa force ou son intensité, il n’y a plus de doute que le mal naturel, placé, comme on le suppose, au maximum de son augmentation , n’est plus en mesure de supporter, sans de graves inconvénients , l’addition du mal médicinal. On nous dira peut-être à

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