CHAPITRE XXIV
rempoisonnement causé par l’opium, etc., etc.
Gomme on le voit, si nous proposons momentanément la méthode antipathique de la vieille médecine dans quelques espèces de maladies d’extrême véhémence ou intensité, dans les cas trèsurgents et accidentels, ce n’est pas pour nous opposer aux principes de la science que nous avons adoptée , mais c’est plutôt pour ne pas contrevenir à la loi de la nature, qui , comme on le sait, commande d’exalter les maladies jusqu’à un certain point sans jamais l’outrepasser, et non pas de les exalter lorsqu’elles sont arrivées au plus haut degré de leur exaltation. De ce que nous venons de dire il résulte que tout médecin jaloux de remplir ses devoirs envers la société, doit suivre de préférence l’homœopathie avec le concours des connaissances acquises par l’ancienne médecine.
Il nous importe maintenant de détromper tous ceux qui croient faussement que, pour pratiquer l’homœopathie, il ne faut pas étudier d’avance la chimie , l’anatomie , la physiologie et les autres sciences naturelles, en donnant pour raison que l’homœopathie, qui est une science nouvelle ou créée de nos jours, ne doit avoir aucune relation avec les institutions qui sont de très-ancienne date. C’est justement cette erreur que nous allons combattre, en démontrant que Thomoeopathie doit au contraire l’accomplissement de sa doctrine au secours des sciences naturelles, avec lesquelles elle est intimement liée. Si l’homœopathie repré-
sente l’ancienne médecine sans ses défauts, sans ses règles incertaines, vacillantes, sans ses aberrations, il faut bien qu’elle ait, comme la vieille école, des relations directes avec les autres sciences naturelles, quelle que soit l’énorme distance des époques de leur naissance. Les sciences et les vérités incontestables sont de tous les pays et de tous les jours ; elles se recherchent , ainsi que nous l’avons dit dans notre Introduction; elles se joignent, elles s’accordent, elles jettent àl’envi l’une sur l’autre un vaste ravon lumineux ; elles se tienlient étroitement unies en faisceaux sous la même devise , quoique professées sous diverses climatures et enseignées par des hommes de nations diverses et appartenant à des époques plus ou moins éloignées. C’est à l’appui que les sciences naturelles prêtent à l’art de guérir, c’est aux ressources qu’elles lui offrent que nous devons l’intérêt que prirent nos anciens maîtres à les associer à leurs leçons : pourquoi donc voudrait-on aujourd’hui que leur étude ne fût point utile, nécessaire même à l’exercice de î’homœopathie , puisqu’elle a le même but que l’art de guérir? Notez bien, soit dit en passant, qu’on est presque forcé de convenir avec nous qu’il y a bien plus de rapports intimes entre Fhomœopathie et ses sœurs les autres sciences naturelles, qu’il n’y en a, disons mieux, qu’il ne peut y en avoir entre elles et un art conjectural tel que Fart de guérir ordinaire.
Ce qu’il y a de certain, c’est que le progrès des