CHAPITRE XXL
dividu à un autre? Ce peu de mots doit suffire pour caractériser de semblables ouvrages et mettre en garde contre des titres pompeux que repoussent la raison et le siècle des lumières. Il était permis de tolérer de tels abus sous l’empire de l’ancienne médecine , alors qu’on prétendait démêler la ressemblance des maladies de la même espèce ; mais ils ne peuvent plus trouver de crédit sous l’empire de la science homœopathique, alors qu’elle proclame cette incontestable vérité que les maladies sont individuelles , distinctes les unes des autres. Si l’on pense obliger les médecins réguliers, par la publication de manuels, de codes, de prescriptions générales ou de médecine domestique, à transiger avec leur dignité, avec la science, et à descendre sur la voie publique, l’on se trompe grossièrem e nt . Cependant il ne faut point confondre parmi les tristes écrits que nous devons repousser de tous nos moyens les ouvrages d’utilité générale, les ouvrages populaires que la science a dictés au célèbre Tissot, dans lesquels il cherche à détruire chez les jeunes gens les fâcheuses habitudes, nous devrions dire des vices essentiels, puisqu’ils engendrent les plus graves maladies ; nous louons avec la même ardeur les ouvrages populaires d’hygiène, de police médicale, mais nous nous détournerons sans cesse les yeux de ceux qu’on imprime sous le titre de homoeopathie domestique.
La nature repousse avec dédain la sotte prétention de vouloir rendre populaire la pratique de
l’homœopathie ; elle n’estpoint un art aussi facile, aussi vulgaire qu’on semble croire en lisant les ouvrages populaires, où l’on veut mettre à la portée de tous, les moyens curatifs que seule la science peut et doit diriger. Le savoir profond, la longue expérience des célèbres médecins homœopathes ne se entent point dans l’esprit du vulgaire ou des personnes privées des lumières que donne l’institution médicale, comme le jardinier greffe un arbre sur un autre : la science infuse n’est plus de notre temps. Non, il ne sera jamais possible à quiconque n’aura pas étudié régulièrement les différentes branches de la médecine ordinaire ou ancienne de pratiquer convenablement l’homœopathie. Les poètes, les prêtres, les empyriques ont pu autrefois se mêler de l’art de guérir, mais, de nos jours, l’erreur, l’audace, la cupidité, la superstition n’ont plus le même pouvoir; la nature, la science et la position élevée de notre siècle s’opposent à toute invasion de leur part, elles les repoussent avec mépris.
rès l’étude régulière et suivie des différentes branches de la médecine ancienne ou ordinaire, il importe de se familiariser avec les profonds et lumineux travaux du père de l’homœopathie, tels que YOrganon de l’art de guérir, la Matière Médicale pure et le Traité des Maladies chroniques ; car, nous le demandons ingénuement , ne vautil pas mieux , sans comparaison , puiser la nouvelle science médicale à sa source naturelle plutôt